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1/30/2020

OISEAUX PROTÉGÉS : LE FULIGULE NYROCA OBSERVÉ POUR LA PREMIÈRE FOIS À TIZI-OUZOU



Le Fuligule Nyroca, une espèce d’oiseaux protégée de la famille des anatidae, a été observé pour la première à Tizi-Ouzou à l’occasion de la campagne internationale de dénombrement hivernal des oiseaux d’eau pour l’année 2020, a-t-on appris mardi auprès de la Conservation locale des forêts.

 
Cette espèce protégée à l’échelle internationale (Conventions de Berne, de Bonn, de Washington, l'accord sur la conservation des oiseaux d'eau migrateurs d'Afrique-Eurasie (l’AEWA)) a été observée au niveau de deux zones humides de la wilaya qui sont l’oued Sébaou où 10 individus ont été dénombrés et le barrage de Sidid Khelifa, où un seul individu a été observé, ont indiqué à l’APS le conservateur des forêts, Ould Mohamed Youcef, et le chef de service de la protection de la faune et de la flore de cette même institution, Mohamed Skandraoui.
Cette espèce de Fuligule Nyroca fera l’objet d’un suivi sur deux ou trois ans pour confirmer les hypothèses émises par la conservation sur la présence de ces anatidae dans la wilaya de Tizi-Ouzou, et confirme qu’il ne s’agit pas d’une présence accidentelle de cet oiseau qui aurait trouvé des conditions favorables pour nicher dans la région, ont relevé les deux responsables. Pour M. Ould Mohamed "la présence (dans la régions) du Fuligule Nyroca est de toute manière positive".
Concernant la campagne internationale de dénombrement hivernal des oiseaux d’eau qui a été entamée le 15 janvier dernier et clôturée jeudi dernier, M. Skandraoui a indiqué que plus de 1800 individus, toutes espèces confondues, ont été observés dans huit zones humides de la wilaya qui sont le barrage de Taksebt (264 sujets), Draâ El Mizan (236 individus), Sidi Khelifa (144), Djebla (113), Tizi Gheniff (47), Ain Zaouia (81), Zraib (80) et l’oued Sébaou (884).
Le canard col-vert est l’espèce dominante des oiseaux dénombrés localement. D’autres espèces dont le canard souchet, le grèbe castagneur, la poule d’eau, le grand cormoran, la foulque macroule, le héron cendré, ont été aussi observés, a-t-on appris auprès de la Conservation locale des forêts.
Les résultats de ce dénombrement seront présentés au public au niveau du barrage de Taksebt qui abritera les activités de célébration de la Journée mondiale des zones humides (2 février) avec pour thème cette année "zones humides et biodiversité", a indiqué M. Skandraoui, rappelant que la wilaya de Tizi-Ouzou compte un total de 48 zones humide dont sept artificielles.

1/29/2020

Il était le premier réalisateur du film amazigh en Algérie Le cinéaste Chérif Aggoune



Le réalisateur et cinéaste Chérif Aggoune est décédé mardi, à l’âge de 68 ans, à Paris, des suites d’une crise cardiaque provoquant une vraie onde de choc au sein de la profession du 7ème art…
L’information est tombée comme un couperet, mardi après-midi, sur les réseaux sociaux créant la consternation au sein de la profession du 7ème art et au-delà : le réalisateur et cinéaste Chérif Aggoune est décédé à Paris des suites d’une crise cardiaque. Chérif Aggoune qui était en pleine préparation d’un nouveau long métrage ne retrouvera plus désormais ses amis aux RCB ni dans d’autres salles de cinéma pour papoter de films ou du Hirak, lui qui avait pris l’habitude d’aller couvrir les marches à Alger ou à Paris, sa caméra et son appareil photo en bandoulière pour capter l’instant présent de cette révolution algérienne en marche. 
La profession sous le choc
Sa soudaine disparition s’est propagée mardi comme une traînée de poudre jetant l’effroi parmi les gens, endeuillant ainsi tristement la famille du cinéma algérien. Chérif Aggoune était, pour rappel, le réalisateur du premier court-métrage en langue berbère « Taggara lejnun » (« La fin des djinns »), réalisé en 1990. Un court métrage de 22 min, en 35mm couleur, qui a mis au-devant de la caméra pour la première fois la jeune Nadia Kaci. Œuvre qui a valu au cinéaste d’être sélectionné au Festival International du court métrage de Clermont-Ferrand. Diplômé de l’Ecole supérieure des études cinématographiques (ESEC) de Paris, Chérif Aggoune revient en Algérie au début des années 80. Il intègre la télévision algérienne par la même occasion où il campe le rôle d’assistant-réalisateur. Une entreprise dont il reconnaîtra qu’elle a été sa véritable école de formation à l’époque. D’ailleurs, Chérif Aggoune travaillera ensuite comme assistant sur un téléfilm avec le réalisateur Mustapha Badie. …
Un homme engagé
En 2013, Chérif Aggoune signe son premier long métrage « L’héroïne », produit et distribué par l’Agence algérienne pour le rayonnement culturel (Aarc).
Un film sur la décennie noire avec comme comédienne principale Samia Meziane. Un film qui avait reçu un bon accueil auprès du public après 
sa sortie en salle, plus précisément à El Mouggar. Très critique envers la situation du 7eme art en Algérie, Chérif Aggoune avait pour habitude de se rappeler de ses débuts et de comment il a avait chopé cette passion pour le 7eme art et ce grâce à la salle de cinéma « Shaghai » de sa ville natale Béjaïa. Et de se familiariser avec des acteurs comme Kirk Douglas, James Steward, Alan Ladd ou encore des réalisateurs tels John Ford, Hitchcock ou Bergman. Et de fréquenter par la suite à Alger les cinéclubs, au Centre culturel soviétique qui était à côté de chez lui, et ainsi la cinémathèque d’Alger où il a pris goût au cinéma américain des années 70, notamment Sam Peckinpah ou Arthur Penn, mais en se passionnant pour le cinéma algérien aussi avec Omar Gatlato ou Nahla…
Un cinéaste franc et sincère
Chérif Aggoune était intarissable lorsqu’il parlait de cinéma entre amis, lors des rencontres conviviales entre deux potes de l’amitié. Toujours jovial, l’œil bien aiguisé, fin observateur, l’artiste qu’il était avait plein de projets, de films en tête, mais il préférait prendre son temps, se plaignant parfois de la mauvaise gestion politique du cinéma en Algérie non sans jamais baisser les bras. Aujourd’hui, tous ses amis, proches et famille le pleurent. Chérif Aggoune avait une façon bien à lui de dire les choses, avec franchise et sans détour. C’était un homme entier et plein d’entrain. Un gars simplement engagé. Repose en paix l’artiste. 

Il fut le grand virtuose de la «Zorna» Il y a trente ans disparaissait le maître de la «zorna» algéroise Boualem Titiche


Son art vit toujours à travers une relève prolifique toujours en costume traditionnel.
Il y a trente ans, presque jour pour jour, disparaissait une icône de la culture populaire algéroise dont le nom demeurera à jamais associé à la «zorna», un style musical citadin, typique d’Alger et ses environs. 
Boualem Titiche, le plus grand interprète de ladite «zorna», vit toujours à travers une relève prolifique qui perpétue cet art jusqu’à adopter en toutes circonstances le costume traditionnel algérois, si cher à l’illustre «zernadji».
Boualem Mansouri de son vrai nom, était le plus célèbre instrumentiste connu de la «zorna» et des «zornadjia», un style musical hérité de l’époque ottomane. 
Virtuose de la «ghaïta», comme l’était Mustapha Skandrani au piano, Abdelghani Belkaïd-Ahmed au violon, ou encore Alilou (Debbah Ali) à la derbouka dans l’orckestre de chant et musique populaire dirigé par Hadj M’hamed El Anka.
Un costume et un souffle inégalable
Il se faisait un point d’honneur de perpétuer la «zorna», portée par la «ghaïta», le «tambour» citation les «tbilett» et le «tbel», habillé en costume traditionnel élément de percussion fondamental, algérois: «serwal testifa», (pantalon traditionnel), «bediaâ» (gilet brodé au fil d’or), «chechia stamboul» (couvre-chef) et les babouches aux pieds, devenant ainsi le conservateur-ambassadeur d’une tenue vestimentaire algéroise en perdition. Ce costume deviendra plus tard un habit de fête pour les enfants et sera repris sous plusieurs déclinaisons dans les spectacles, notamment ceux du Ballet national. Dès son jeune âge, Boualem, né en 1908 à El Biar (Alger), accompagnait son père Hadj Ahmed à la percussion (tbilette). Hadj Ahmed, lui-même maître «zernadji», devait léguer à son fils l’amour de cette musique, la rigueur dans l’interprétation, l’importance accordée au costume, mais aussi le pseudonyme «Titiche», inhérent à son souffle exceptionnel, que Boualem mettra également au service du sport, en rejoignant la section course à pied du Mouloudia d’Alger.
En 1932, Boualem «Titiche» crée son propre orchestre, se rapproche des associations de musique andalouse El Mossilia et El Djazaïria et remporte, la même année, le cross de rue organisé entre Bologhine et Aïn Benian. Après l’indépendance, il commence à animer des fêtes et cérémonies familiale et accompagner des chanteurs à succès de l’époque. Boualem Titiche se consacrera, par la suite, à l’enseignement de la «zorna», musique à l’origine militaire, jouée en plein air- au conservatoire de son quartier à El Biar.
Retour remarqué de la «zorna»
Nombre de maîtres «zernadji» formés par les soins de Boualem Titiche créeront à leur tour des orchestres de «zorna» reconnus, à l’image de la troupe «Nouba», qui essaimeront à l’étranger pour animer les fêtes des communautés algériennes. 
Mariages, baptêmes et autres cérémonies familiales, le traditionnel orchestre «zernadjia» s’invite à toutes les réjouissances, malgré l’apparition d’orchestres plus contemporains ces dernières années. Et cet engouement n’a rien d’un effet de mode. 
La «zernadjia» s’est même trouvée un allié sûr et c’est à travers Internet que les troupes, qui se comptent par dizaines de nos jours, proposent leurs services pour animer les fêtes familiales, dans le strict respect de la tradition musicale et vestimentaire. 
Tout en s’autorisant quelques adaptations, ces orchestres se revendiquent souvent comme «élèves» de Boualem «Titiche», principal argument des prestations qu’ils proposent. 
Trente ans après la disparition de Boualem Titiche, le 1er décembre 1989, les «zernadjia» s’imposent de plus en plus comme la musique de réjouissance par excellence. Dans les fêtes familiales, mais aussi dans des cérémonies et évènements officiels, et les évènements festifs nationaux.

Il nous a quittés le 23 janvier 2012 Chérif Kheddam,les mots et les mélodies éternels


S’il y a bien un artiste algérien en général et kabyle en particulier, ayant réussi magistralemen, à briller sur les deux registres, musique et poésie, c’est bel et bien le maître incontestable Chérif Kheddam.
Huit années se sont déjà écoulées depuis que nous a quittés Chérif Kheddam après des décennies, au cours desquelles il n’a cessé d’enrichir la chanson kabyle, avec des innovations, au sens le plus noble du terme. Chérif Kheddam est le genre d’artiste qui ne se « répète » guère dans la même société. Certains jeunes artistes en herbe, ont tenté vainement bien sûr, de se lancer sur ses traces en adoptant son style musical qui est un mélange harmonieux entre le folklore kabyle traditionnel, la musique orientale et la touche universelle.
Une école inimitable
Chérif Kheddam reste donc une école certes, mais qu’on ne peut pas imiter quand bien même on serait son fan le plus invétéré. Sur le plan musical d’abord : Chérif Kheddam a, dès sa première chanson, fait prendre un nouveau virage à la chanson kabyle qui était auparavant plus penchée sur le style folklorique et sur le genre en vogue à l’époque, le chaâbi. Chérif Kheddam, tout en conférant l’univers bien ancré et le cachet kabyle à ses mélodies, a réussi à donner un nouveau souffle à cette chanson qui allait virer vers plus d’universalité. Pour ce faire, Chérif Kheddam n’a pas opté pour la facilité en adoptant la chansonnette. Il est allé encore plus loin. Il a enrichi la chanson kabyle avec une orchestration inédite et variée qui lui manquait tant. Puis, il a mis un terme à la monotonie qui pouvait à la longue lasser le mélomane. A l’époque, et comme tous les connaisseurs ne l’ignorent pas, la chanson kabyle avait une spécificité : tous les artistes kabyles ou presque accordaient beaucoup plus d’importance aux poèmes qu’à la musique. La mission de Chérif Kheddam s’avérait difficile. Il fallait donc impérativement maintenir le verbe aussi haut que ne l’avaient hissé tous ses pairs à l’instar de Slimane Azem et Cheikh El Hasnaoui. 
Une musique bouleversante
Tout en mettant le cap donc sur l’aspect musical, Chérif Kheddam a réussi avec brio à ne pas négliger le côté poétique. Il a écrit des poèmes de haute facture tout au long de sa carrière. Il a même exploré, avec maîtrise, des thèmes pour la première fois. Dans certains cas, il a traité certains sujets sous des angles inexplorés jusque-là. L’un des exemples les plus édifiants est son chef-d’œuvre « A lemri ». Cette chanson résume, à elle seule, ce qu’est Chérif Kheddam. Une musique bouleversante où l’on devine aisément les efforts incommensurables déployés par Chérif Kheddam avant de lui apporter son point final. Puis, il y a cette manière de chanter l’amour en faisant appel au miroir, ce témoin tant envié et jalousé à la place duquel l’amoureux aurait tant aimé être en permanence. C’est d’ailleurs cette chanson, et plus particulièrement son texte, qui a tant envoûté un certain Tahar Djaout qui ne s’était pas privé d’en parler dans un article resté dans les annales à une époque où les verbes aimer et chanter avaient encore un sens très différent de celui que les générations d’aujourd’hui lui connaissent. 
Le poème, une remarquable invitation 
A l’époque, voir sa bien-aimée, ne serait-ce que pendant une fraction de seconde, était déjà un exploit et un haut fait d’armes en matière de sentiments. C’est pourquoi, le chanteur dit envier ce miroir qui peut « la » voir plusieurs fois par jour et longuement de surcroît. L’idée de ce poème est, à elle seule, une remarquable innovation. On regrette toutefois qu’un poème comme « A lemri » et bien d’autres, écrits et chantés par Chérif Kheddam, ne sont pas transmis, à leur juste valeur, aux nouvelles générations. Certes, les chansons de Chérif Kheddam sont souvent reprises, notamment par des chorales lors de différentes festivités culturelles et commémoratives. Mais on retrouve, dans bien des cas, les mêmes textes, deux ou trois tout au plus dont le mythique «Ledzayer nchallah atsehlou » ou encore « Achehal d avrid» … Huit années déjà sont passées depuis son décès qui avait plongé le monde artistique dans un deuil profond car Chérif Kheddam était aussi une personne pétrie de bonté et de qualités humaines, de l’avis de tous les artistes l’ayant connu de près.
Se remettre à écouter ses chansons à l’occasion de ce huitième anniversaire de sa disparition est le meilleur réflexe que tout un chacun pourrait avoir aujourd’hui. Et commencer par « A lemri » ne pourrait qu’ouvrir son appétit et nous inciter à aller plus loin. Bonne écoute.

Il nous a quittés le 28 janvier 1983 Slimane Azem ou la magie d’un chanteur immortel


Trente-sept ans après sa mort, Slimane Azem reste le repère et le maître incontestable de la chanson kabyle. Ses chansons sont toujours aussi fraîches que lorsqu’elles furent composées.
Elles sont écoutées autant qu’il y a plus d’un demi- siècle alors qu’on retrouve de plus en plus d’artistes reconnus et d’autres débutants qui s’abreuvent de son riche répertoire, aussi bien poétique que musical. Slimane Azem a réussi à écrire son nom avec des lettres d’or sur la scène artistique kabyle. Certes, sa voix ensorcelante est pour beaucoup dans cette immortalité, somme toute prévisible, et dans l’amour que lui vouent ses fans, mais celle-ci n’explique pas tout. Slimane Azem a été aussi un poète digne de ce nom. Il a écrit des centaines de pages en vers. Ces derniers racontent et dépeignent magistralement tous les aspects de la vie des Algériens à son époque. Mais tels qu’appréhendés, ses poèmes sont toujours d’actualité car Slimane Azem leur a conféré, avec succès, un cachet non seulement intemporel, mais aussi universel. Il s’est beaucoup inspiré des Fables de la Fontaine dans une bonne partie de son œuvre poétique. Il a ainsi fait parler le chien, le chat, les oiseaux, le bœuf, la vache, le lion, etc. Il a fait camper des rôles à chacun de ses derniers, dans ses poèmes et ce, pour décrire une infinité de tableaux aussi bien concernant les sujets de société que ceux de la politique ou autres.
Car Slimane Azem était également un poète engagé à sa manière. D’ailleurs, en débattant de ses poèmes, ses fans n’hésitent pas à spéculer sur l’identité des personnes qui se cachent derrière chaque bête citée dans ses textes. Mais, dans la majorité des cas, il ne s’agit que de conjectures car il n’y a que Slimane Azem qui sait en réalité de qui il voulait parler.
Un poète engagé
Même les écrits académiques publiés sur l’œuvre poétique de Slimane Azem n’ont malheureusement pas pu être conçus en collaboration avec le grand poète d’Agouni Gueghrane qui aurait pu donner des pistes de lectures crédibles et beaucoup plus proches de la réalité. Et c’est presque le cas de tous les travaux de recherches consacrés aux grands poètes kabyles car ils ont été réalisés sans l’implication et l’association des premiers concernés. Mais ce sont peut-être ces zones d’ombre qui font, d’une certaine manière l’originalité des œuvres poétiques telles que celles de l’immortel Slimane Azem. Même si c’est toujours le côté poète qui a été mis en valeur quand il s’agit de parler de Slimane Azem, il n’en demeure pas moins que ce dernier a été également un musicien exceptionnel puisqu’il a composé des centaines de pièces musicales dont certaines ont séduit d’autres sommités de la chanson algérienne qui n’ont pas hésité à les reprendre à leur compte sous forme d’hommages.
Des chansons cultes
Les cas les plus connus d’artistes célèbres ayant repris une ou plusieurs musiques de Slimane Azem sont Matoub Lounès et Kamel Messaoudi et tout récemment Mohamed Allaoua qui a chanté la mélodie de la célèbre chanson «Amek ara nili sousta», en fusionnant les deux versions arabophone et kabylophone, car Slimane Azem, à l’instar de Salah Sadaoui, Akli Yahiatene, Cheikh El Hasnaoui ou Samy El Djazaïri, a chanté aussi bien en kabyle qu’en arabe. Parmi les poèmes de Slimane Azem en langue arabe, on peut citer : «Ana amir» ou encore «Amohand ou Kaci». Slimane Azem a également écrit et chanté des textes en langue française, surtout sur le thème de l’exil qui occupe une grande place dans son œuvre. Comme il s’agit d’un poète exceptionnel, les universitaires-écrivains lui ont consacré depuis son décès survenu le 28 janvier 1983, plusieurs livres dont certains sont d’une haute facture intellectuelle à l’instar du livre-référence en la matière : «Slimane Azem le poète», du grand chercheur Youssef Nacib. 
Une grande partie de ses poèmes a été également regroupé dans un livre actuellement épuisé intitulé «Izlan» et préfacé par le célèbre dramaturge et poète Abdellah Mohia dit Mohand Ouyahia. On peut aussi citer le livre «Brahim Saci sur les traces de Slimane Azem». Après le passage de 37 années depuis la mort de Slimane Azem, les chansons de ce géant n’ont pas pris aucune ride. On écouterait avec la même admiration et une égale émotion qu’il y a cinquante ans les célèbres «Amouh a Mouh», «Daghrib dabarani», «Ayafroukh ifireless», «Ldzayer athaâzizt-iw», «Atas ay sebreg», «A tamurt-in aâzizen», «Yekfa laman» et la liste est très longue.
Des poèmes pour la postérité
Chaque chanson de Slimane Azem est un livre. On peut l’écouter des milliers de fois sans s’en lasser et surtout sans pouvoir vraiment cerner toute sa densité et sa portée tant il s’agit de véritables puzzles complexes voire philosophiques, pour certains, que l’on peut interpréter de plusieurs façons. Aussi, en écoutant ses chansons innombrables sur l’exil, on ne peut se retenir d’avoir des larmes aux yeux, surtout si l’on est soi-même un exilé. Slimane Azem était d’abord et avant tout le poète de l’exil.