Nombre total de pages vues

4/18/2020

Cheikh Hamada: L’illustre maître du bédoui immémoré



Cheikh est né en 1889 à Blad Touahria, dans la daïra de Mesra. Il est mort le 9 avril 1968. Il est considéré comme l’un des fondateurs du mouvement de musique arabo-bédouine. Son histoire reste plus complexe, il a amorcé la « citadinisation » du Bédouin traditionnel en présence de l’administration coloniale. 

Ce fut une révolution dans la tradition musicale dans le genre bédouin, qui devient ensuite un phénomène artistique majeur sur l’espace maghrébin. Hamada a fait son premier enregistrement en 1920. Puis, jusqu’à sa mort, il a continué à enregistrer des disques en Algérie, à Paris et à Berlin. Deux de ses fils ayant rejoint le maquis furent tués durant la guerre de libération nationale. Agissant en poète, le Cheikh est devenu le chantre éternel du chant bédouin. Dans son parcours d’artiste, le Cheikh procède à des arrangements de la  »Gasba » qui lui apportera une touche propre à la région des Medjahers influençant ainsi le répertoire chaâbi qui entre sous sa férule, dans le mode bédoui. 

Ses accompagnateurs de la flûte magique Cheikh Boudissa et Cheikh Belkacem donneront du panache aux poèmes du Cheikh, une carrière durant. Il aura eu de son vivant à ébranler, magistralement, à lui seul la tradition musicale dans le genre bédouin propre et ce, en réussissant à faire cohabiter la poésie citadine entre « hadri », « haouzi » et « aroubi ».Dans ses compositions, la « gasba » sera remaniée et à laquelle il lui apportera une touche propre à la région du Dahra, influençant ainsi le répertoire chaâbi qui entre sous sa férule, dans le mode bédoui. Il aura eu de son vivant révolutionné à lui seul la tradition musicale dans le genre bédouin et ce, en réussissant de façon magistrale à brosser la poésie citadine entre « hadri », « haouzi » et « aroubi ». On raconte aussi que cette icône de la chanson bédoui, ami intime de Hadj M’hamed El Anka, ils avaient pour habitude, lors de dîners philosophiques avec les poètes, les musiciens comme Hadj Lazoughli, Hachemi Bensmir, Abdelkader El Khaldi, d’échanger, de travailler ensemble des qaçayds (poèmes).On a aussi appris de son histoire que le Cheikh était aussi un maître pour les jeunes générations. Il recevra dans sa maison plusieurs artistes comme Maâzouz Bouadjadj, leur expliquant, parfois, pendant de longues heures, une tonalité, une strophe, le sens caché d’un mot, d’un vers, d’une qasida. En Oranie, ce qui est sûr, c’est que les couches sociales auxquelles son répertoire se rattache, qui sont les classes paysannes, avec le maintien du caractère tribale de la structure de base au ‘’douar’’, se sont retrouvées dans la chanson bédoui comme art raffiné surtout lors des waadates. Les chansons de Hamada servaient d’occasion à la jouissance intellectuelle et artistique, à côté de la pratique de la fantasia (goum) avec le sport du tir au fusil en chevauchée. Mansour Benchehida, l’écrivain le décrivait comme un génie qui voulait mettre en relief  » un chant d’expression populaire unifié » et avait aussi un regard savant sur la langue, en étant à l’écoute des vecteurs musicaux susceptibles de mieux porter sa musique. Ce qui est déplorable aujourd’hui, c’est que cette grande figure de l’art bédoui de la wilaya soit occultée dans les manifestations culturelles. Cheikh Hamada doit être honoré chaque année au même titre que les maîtres du  »Chaabi », ou ceux du  »Malouf ». Pour la mémoire, à Mostaganem, on ne peut pas se permettre d’oublier un cheikh, un artiste de cette envergure.

4/16/2020

Yamna bent el-Hadj el-Mahdi : Maâlma à l’âge de 21 ans



issue d’une grande famille algéroise, Yamna Bent El-Hadj El-Mahdi brave tous les interdits et tous les préjugés en pratiquant la musique. Par son talent et sa personnalité, elle saura s’imposer dans un milieu réservé exclusivement aux hommes, qu’elle parviendra à égaler en talent, voire le dépasser.
 
Yamna Bent El Hadj El Mahdi est née à la rue des Abderrames Casbah d’Alger, en 1859. Précoce mais surtout douée, elle participe dès sa dixième année aux fêtes familiales dans la Casbah d'Alger. On rapporte même qu'après ses tours de chant elle allait jouer au jeu de la marelle sur les terrasses des habitations avec les fillettes de son âge ! Elle se fait remarquer très jeune pour son aptitude à chanter. Son père, El Hadj El Mehdi, usera de toute son autorité pour la dissuader et n’aura réussi qu’à renforcer sa détermination à persévérer dans une carrière musicale prometteuse. Yamna va souvent écouter furtivement un musicien réputé qui joue au guembri, dans un café près de chez-eux. Un jour elle sera remarquée par le cheikh Ben Brihmat, grand mélomane et responsable d’une médersa. Souhaitant la prendre en charge pour l’enseignement en arabe et pour l’apprentissage de la musique, il  convaincra ses parents en leur proposant qu’elle vienne aider son épouse dans les tâches ménagères. Il maquille ainsi l’affaire pour éviter un refus, sachant qu’à l’époque, la pratique artistique pour une jeune fille est particulièrement taboue. Son apprentissage durera six années, jusqu’à la mort du père de Yamna, en 1876. Par la suite, elle perfectionnera ses connaissances toute seule au grès de ses rencontres. Elle est naturellement très douée dans l’exécution des instruments à corde, notamment le guembri, le violon, la kouitra, le tar et le oûd (luth). Son idole, à cette époque, est cheikha Kheira Djabouni qu’elle côtoie dans les fêtes familiales de la Casbah. Ses contacts avec cheikh Mohamed Mnèmèche et son disciple Mohamed Sfindja lui seront enrichissants pour la mémorisation du patrimoine andalou. À l’âge de 21 ans, Yamna devient mâalema, en constituant sa première formation musicale en 1880, avec des musiciens de renom, dont le violoniste virtuose et interprète apprécié du hawzi, cheikh Mahmoud Oulid Sid Saïd, dit «Qelbeddelaâ» (cœur de pastèque). Et si tous les orchestres féminins ou masculins du début du siècle sont à dominance israélite, celui de Yamna est exclusivement musulman : Houria à la derbouka, «Haoula» (surnom à cause de son strabisme) à la kouitra, et Tamani au tar (orchestre féminin pour les fêtes de mariage).Yamna rencontre un grand succès dans les fêtes à Alger et ses environs, ainsi qu’au Maroc et en Tunisie. Par son talent et sa personnalité Yamna Bent El Hadj El Mahdi a su s’imposer dans un milieu réservé exclusivement aux hommes, repris tout le patrimoine-domaine masculin et imprima au genre msamaî (féminin) la forme que nous lui connaissons aujourd’hui.
Menant sa carrière d’une main de maître, elle se fait rapidement remarquée par les premiers promoteurs d’enregistrements sur cylindre phonographique. Elle en réalise quelques-uns, provoquant ainsi une véritable révolution en cette fin du XIXe siècle. On y retrouve entre autres le célèbre poème profane de Benkhlouf, «Bismillah bdit enzemema âne tedj eroslah» (au nom de Dieu je commence à chanter les mérites du Prince des Envoyés).
Juste avant le déclenchement de la Première guerre mondiale, elle enregistre dans un premier essai un disque 78 tours à Paris et continue, entre 1922 et 1928, à enregistrer ses œuvres, principalement chez Columbia, à Alger. Sa plus grande consécration aura lieu lors d’un grand gala public le 24 janvier 1927 au Kursall d’Alger qui deviendra plus tard l’Opéra d’Alger, puis le Théâtre National Mahieddine-Bachtarzi, après l’indépendance de l’Algérie. Initié par Mahieddine-Bachetarzi, ce spectacle révèle une Yamna baignant dans la plénitude de ses moyens, tant humains qu’artistiques, face à un large public constitué des plus grandes familles algéroises.
En 20 ans de carrière musicale, elle a enregistré environ 500 œuvres connues dans le patrimoine traditionnel hawzi, aroubi ou châabi. Elle a fixé, pour la postérité sur phonogramme quasiment la totalité de ce que nous savons aujourd’hui dans ce domaine. MaâlemaYamna s’est abreuvée du savoir artistique des grands maîtres de la fin du 19e siècle, comme cheikh Mohamed Mnemèche, Mohamed Sfindja, Mouzino et d’autres encore. Elle a elle-même inspiré tous les interprètes de chants populaires du 20e siècle. Sa formation, elle l’a perfectionnée avec une étonnante précision en côtoyant et même en bousculant certains maîtres incontestés en poésie classique andalouse (zedjel) tel qu’Edmond Yafil, l’auteur du célèbre ouvrage «Recueil de chants andalous», ainsi que le chant panégyrique et mystique (cheikh Kouider Bensmaïl). Par ailleurs, elle a su donner toute sa forme au dakhli msamaî, une spécialité purement féminine d’Alger et sa région. On lui doit entre-autre le célèbre «Ranadjinak», qui honore toutes les mariées lors de leurs noces à ce jour.
MaâlemaYamna est décédée le 1er juillet 1933, à Alger, à l’âge de 74 ans. Elle repose au cimetière El Kettar.
Sihem Oubraham

4/14/2020

MÉMOIRE: IL ÉTAIT UNE FOIS LA PESTE À ORAN



Présentée par Albert Camus dans son mythique ouvrage ‘’La peste’’ paru en 1947, comme une ville morne qui a tourné le dos à la mer et où il n’y avait in arbres ni oiseaux, Oran la millénaire fut comptoir phénicien, puis ville romaine, refuge de corsaires, cité espagnole, puis bourg ottoman avant de devenir la plus française des villes du sud de la méditerranée.

Touchée en cet hiver 2020 par la pandémie COVID 19, la population y observe le confinement et scrute les écrans à l’écoute des nouvelles des cas de coronavirus et des distributions de semoule !

On parle du premier cas de Corona dans la ville, des 600 voyageurs confinés dans des hôtels, de l’ouverture d’une annexe de l’Institut Pasteur et d’autres clameurs et rumeurs des réseaux sociaux.

Certains citoyens déterrent la mémoire de la ville et redécouvrent sa riche histoire qui a inscrit en lettres de sang des épidémies désastreuses, la peste étant la plus indélébile.


Oran 1557, la peste et la domination espagnole.


Les récits des voyageurs de l’époque qui parcouraient l’Afrique du Nord rapportent que la ville, cité portuaire et commerçante prospère sous domination espagnole, fut frappée par la peste en ce milieu du 16e siècle. Plus de la moitié de la population fut décimée par ce fléau face auquel aucune médication ne pouvait faire barrière.
La ville fortifiée était sous la poigne du gouverneur, le comte d’Alcaudéte, dont l’administration était préoccupée par le sauvetage de l’armée espagnole d’occupation et la protection des élites citadines proches de la puissance coloniale. 
Les soldats de la garnison furent sortis de la cité fortifiée. L’armée espagnole se déploya en cercles concentriques autour de la ville avec des campements mobiles sur les flancs de coteaux et un hôpital de campagne au pied du mont Murdjadjo. 
La population autochtone subit alors la propagation fulgurante du fléau qui toucha en profondeur la campagne et les coteaux de l’ouest algérien. Des milliers de femmes et d’enfants succombèrent à la fièvre pestilentielle, même le sultan déchu Moulay El Hassan fut emporté par la maladie. La peste sévit durement pendant plus de 6 mois, les milliers de morts étaient sortis de la ville fortifiée vers le bas quartier de la Marine et aux lieux dit Rrhi ( Les moulins) et des jardins de Ras El Ain .

De cette époque tragique Oran, l’indolente ville méditerranéenne fondée dans les premières années de 10ème siècle (902) garde une mémoire trouble, une littérature orale en bribes de récits héroïques et de légendes, des poésies pastorales pleurant les tribus décimées et le «Cimetière des pestiférés» classé dans l’inventaire des monuments historiques que recèle la cité de Sidi El-Houari. A la fin du 18ème siècle c’est le cholera qui mit la main sur Oran ! La population dans ses croyances religieuses de l’époque érigera la Sainte vierge de Santa Cruz, en totem protecteur sur les hauteurs du Murdjadjo

La peste sous l’occupation turque

Oran, occupée par les turcs de 1708 à 1732, fut reprise par les Espagnols jusqu’au tremblement de terre de 1790 qui vit leur départ définitif. La ville qui, selon les démographes de l’époque, comptait alors près de 9000 âmes, fut réoccupée par les Turcs jusqu’à l’arrivée des Français. Le 4 janvier 1831, quand le général comte Charles-Marie Denys de Damrémont, chef de l’expédition, entra dans Oran. La population fut estimée en 1831, à 18 000 habitants. Oran portait encore les stigmates du tremblement de terre de 1790 qui l’a en grande partie détruite. 
La famine conséquente à une période de forte sécheresse frappa en 1793 ! 
Au terme de cette disette, un épisode de peste fit des ravages dans la population recomposée après le départ des Espagnols et le séisme de 1790. En 1794, des pèlerins revenus de la Mecque ramenèrent la bactérie et le fléau repartit de plus belle ! 
Il s’éteignit après avoir emporté des milliers d’âmes. Vingt ans plus tard, la peste revint fulgurante, moins durable que les précédentes. Cette épidémie de 1817 balaya tout l’ouest algérien. 

La poésie pastorale portée par le chant bédoui, garde en mélodies langoureuses le désastre de cet épisode pestilentiel implacable qui emporta des tribus entières. La peste fait partie de ces maladies gravées dans la mémoire collective parce qu’elles ont semé la terreur durant des siècles. Depuis le début de l’histoire humaine, plusieurs épidémies de peste ont causé plus de 200 millions de morts dans le monde.

La peste camusiènne des années 40

La peste bubonique survenue à Oran durant l’été 1945, après la seconde guerre mondiale, fut très légère, pratiquement sans impact retenu par la mémoire collective régionale. 

Cet épisode a néanmoins offert à Albert Camus l’opportunité de dérouler son récit dans cette ville qu’il a préféré à Alger, où il eut une sérieuse épidémie en 1944. André Malraux rapporte que Camus l’avait informé le 3 mars 1942, de son chantier d’écriture d’un roman sur la peste lui confiant que « c’est bizarre, mais dit comme cela, le sujet me parait si naturel « . La fiction qui se déroule dans les années 1940, fait totalement abstraction de la guerre mondiale. 

Elle a pour théâtre Oran, deuxième préfecture de l’Algérie française, une ville que Camus n’aime pas particulièrement comme il en ressort de son récit. Les thèmes centraux sont la mise à l’épreuve collective et la mort inattendue face à un terrifiant fléau incontrôlable. Viennent s’y greffer la crainte du handicap et de la maladie, la souffrance dans la solitude, la séparation et l’exil. Les personnages sont tous masculins. Rieux, le médecin narrateur, figure sociale principale, et son ami Tarrou, sorte de philosophe solitaire, ont à leurs cotés Rambert le journaliste parisien coincé à Oran, Paneloux le prêtre et son fatalisme religieux, Grand le fonctionnaire municipal déshumanisé, Cottard le trafiquant et Othon le juge. 

Il n’y a pas de personnages centraux féminins, tout comme il n’y a aucun Arabe dans le récit de 350 pages structuré en cinq parties inégales. Les rôles attribués aux rares femmes sont classiques, elles incarnent la patience, la douleur, voire la résignation. La population n’a pas d’identité particulière, c’est un tout évoqué collectivement. 

Elle passe de la peur, aux tentatives d’émeutes, ensuite à l’abattement, dans une sorte de consentement éphémère, qui mue avec l’épidémie entre panique et espoir. Les autorités, timorées au début à l’image du préfet, craignant d’affoler la population se ressaisissent et organisent le confinement et l’approvisionnement de la ville. Tout comme au 18e siecle, elles envisagent de dresser un monument à la mémoire des pestiférés. Le récit narre en chronique la vie quotidienne d’une population indifférenciée pendant une épidémie de peste. Le sujet totalement fictionnel serait une analogie avec le fascisme et le nazisme.

Le retour de la peste en 2003

Oran avait oublié la peste disparue durant toute la période coloniale française ! L’institut Pasteur d’Alger l’a bien noté ! La voilà qui refait sa réapparition en juin 2003 ! Entre le 4 et le 18 juin 2003, 10 cas de peste bubonique sont apparus à trente kilomètres d’Oran, dans la localité de Kehaïlia, village de 1 200 personnes, relevant de commune de Tafraoui. Le premier cas signalé, un garçon de 11 ans, décède malgré les soins d’urgence ! Les habitants sont mis sous traitement préventif. Le village est fermé, en quarantaine pour 12 jours et une campagne de désinsectisation est menée intra-muros et alentour. L’enquête n’identifiera pas l’origine exacte de l’épidémie. S’agit-il d’une bactérie enfouie sous terre (gisement tellurique) comme cela fut le cas pour le tétanos ? Quatre autres cas des communes de Mascara et d’Ain Temouchent, limitrophes d’Oran se rajoutèrent aux dix premiers. Les mesures de traitement médical furent prises. L’épidémie enrayée.

Demain la peste !

Tant que l’environnement demeurera dans l’état de saleté avancée, la peste reviendra, tout comme les autres maladies ! La prolifération de l’habitat précaire, les égouts à ciel ouvert, la gestion aléatoire des déchets ménagers, l’absence de campagne de dératisation et de désinsectisation participent directement à l’apparition de la peste. Le ramassage des ordures est devenu un problème, il ne se fait plus régulièrement. Les décharges sauvages à l’entrée des villes et villages, créent des vecteurs de nuisances tels qu’insectes, chiens et chats errants, rongeurs porteurs de maladies. L’eau est une autre préoccupation des habitants de la plupart des régions du pays. Cette calamité fait suite à une multitude de catastrophes qui a frappé le pays, à savoir, en 2002 la tuberculose avec 18328 cas, la typhoïde avec 2411 cas et la méningite avec 2579 cas, en plus des maladies à transmission hydrique avec en moyenne 8125 cas par an. Les conditions de malvie liées à la pauvreté créent des environnements propices à la diffusion de la maladie.

Concluons avec Albert Camus qui fait parler Rieux le personnage principal de son livre, en ces termes : ‘’Que le bacille de la peste ne meure ni ne disparaît jamais (…) qu’il attend patiemment dans les chambres, les caves…

Et que, peut-être, le jour viendrait où, pour le malheur et l’enseignement des hommes, la peste réveillerait ses rats et les enverrait mourir dans une cité heureuse ». Le Covid19, après le MERS d’Arabie et le SARS de Chine, n’est elle pas une forme de peste moderne ?

PAR ALGÉRIE INFOS

4/13/2020

à la découverte des cratères météoritiques



Association «Lion de l’Atlas» de Djelfa

L’association des activités de montagne «Lion de l’Atlas» de Djelfa a organisé des sorties touristiques dans le Sahara algérien visant la découverte de certaines de ses merveilles connues par les seuls initiés, à savoir les cratères météoritiques de Madna (Laghouat), d’Amguid et de Tin Bider (Ain Salah), a appris l’APS auprès de ses responsables.
Le cratère de Tin Bider, situé dans le plateau du Tinrhert, à 340 km d’Aïn Salah, a constitué l’objet de l’une de ses sorties organisée, en mars dernier, par l’association avec l’aide d’un guide touristique de la région, et en coordination avec l’Office du parc national de l’Ahaggar, a indiqué le président de l’association Chouiha Abdelkader. «Cette aventure, qui nous a permis de passer deux nuits entières sur site, a été précédée par des préparatifs conséquents pour assurer son succès, dont un exposé pédagogique au profit des personnes qui y ont pris part, sur l’historique de cratère et son intérêt du point de vue touristique notamment», a-t-il ajouté, signalant, également, la prise de toutes les dispositions administratives y afférentes, dont les «autorisations nécessitées auprès de l’Office du parc national de l’Ahaggar, et la prise de contacts avec l’auberge de jeunes de la ville». L’expédition fut lancée de nuit en partance de la capitale de la Steppe (Djelfa) jusqu’à celle du «Didikelete» (Aïn Salah). C’est là qu’on changea de moyen de transport. On fit monter équipements et matériels à bords de 4X4, et l’aventure commença. La route jusqu’au cratère «Tin Bider», sis dans la commune de Feggara Zeoui en passant par les plateaux calcaires de Reg Aguemour et Asfer, était étayée de paysages lunaires d’une grande beauté.
Le cratère de Tin Bider, un phénomène géologique unique du genre
La position élevée et les anneaux concentriques de Tin Bider suggèrent une structure très complexe. Le cratère a été formé dans les dernières 70 millions d’années, peut-être à la fin du Crétacé ou au début du Ter. Son diamètre est de 4,5 kilomètres. Selon Hakim Chouiha, chercheur du domaine et membre de l’expédition, l’intérêt de cette sortie réside principalement dans la «prise de photos du site, car considérées comme rares, à l’exception de celles prises par satellite», a-t-il dit. Soulignant «la grande importance de cette expédition culturelle, qui nous a mené dans l’un des déserts les plus chauds au monde», M. Chouiha a également «loué le rôle et la contribution de l’Office du parc national de l’Ahaggar, qui couvre de vastes étendues géographiques, dont le plateau du Tidekelt», a-t-il observé. Le chercheur n’a pas manqué, en outre, de plaider pour l’impératif de l’exploitation de ce type de ressources naturelles détenues par l’Algérie, pour en faire une destination touristique de choix pour les amoureux d’aventures, et partant un facteur de développement durable, sans pour autant porter atteinte à l’équilibre de la nature. Cette initiative du club «Lion de l’Atlas», se veut une contribution pour la «promotion et valorisation du patrimoine naturel et géologique, à travers une dynamique touristique à mettre au service des populations locales», a-t-il ajouté. Pour Messaoud Bensalem, membre du même club, «cette sortie a été riche en informations et observations d’ordre multiples (géologie, agriculture, histoire, urbanisme, linguistique), grâce aux échanges effectués avec des habitants de la région», a-t-il assuré. En effet, les membres de l’expédition se sont fait accompagnés par un groupe d’autochtones, qui n’ont pas ménagé d’efforts pour leur porter aide et assistance dans cette aventure singulière, à leur tête le guide Ben Bahame Abdelkader. «Les cratères météoritiques sont des témoins vivants de changements géologiques et climatiques d’importance sur notre planète. Ils concentrent un patrimoine géologique unique», a estimé, pour sa part, Dr Bouakaz Aissaoui, professeur en archéologie à l’université de Djelfa et membre du club. Il a lancé un appel en vue de l’«étude des formes de vie dans le désert et à la réalisation de fouilles susceptibles d’aider à comprendre l’origine de la vie en Algérie», a-t-il dit, parallèlement à «l’encouragement du tourisme culturel comme facteur de développement du sud algérien», a-t-il plaidé.
Les caractères de «Madna» et «Amguid» 
Selon Chouiha Abdelkader, cette aventure de découvertes palpitantes a commencé avec le cratère météoritique de Madna, situé dans la commune de Hassi Delaà de Laghouat. De 1,75 km de diamètre, et 60 m de profondeur, son âge est estimé à prés de 3 millions d’années. «La route vers ce cratère (60 km) était particulièrement difficile. C’était un véritable défi sous des températures étouffantes et des vents très forts» , a-t-il souligné. Le cratère d’Amguid est l’autre merveille géologique mise à jour, par le club «Lion de l’Atlas», après avoir demeuré pendant des dizaines années, connu d’un seul petit groupe d’initiés, à cause de l’extrême difficulté de la route y menant et de son ement. L’Amguid est un cratère d’impact météoritique plutôt jeune puisqu’il date de moins de 100.000 ans, selon les spécialistes du domaine. Il est situé sur le mont «Mouidir», qui est considéré comme une extension de l’Ahaggar. Son diamètre est de 550 mètres et sa profondeur d’environ 65 mètres. Ce cratère est parfaitement conservé, grâce à l’absence des chutes pluviales dans la région (15ml/an), selon le chercheur Chouiha. Il est situé sur le territoire de la commune d’Aïn Mguel, relevant de la wilaya de Tamanrasset, qui est partie intégrante du Parc culturel de l’Ahaggar , couvrant une superficie globale de 633 km2, de zones géographiques diverses, dont l’Ahaggar, les plateaux de Tafdast, Mertoutek, Amdagour, les monts Amdir, Ahent, Arak , et le Tideklet limitant le plateau de Tadmait. Dans son entretien avec l’APS, le président de cette association a souligné la «poursuite ultérieurement du programme de découverte des cratères d’impact météoritique en Algérie. Notre prochaine destination sera la wilaya de Tindouf, considérée parmi les quatre sites de mutations géologiques en Algérie, suite à la chutes de météorites depuis des millions d’années», a-t-il indiqué. Outre les sorties de découvertes multiples, organisées au profit des amateurs d’aventure et du camping en pleine nature, l’association «Lion de l’Atlas» de Djelfa est un acteur actif dans la préservation de l’environnement à l’échelle locale, à travers sa contribution à de nombreuses campagnes de boisement notamment. «Nous avons grand besoin d’un soutien des autorités locales pour développer nos activités en direction des jeunes, outre la promotion des sports de montagne, comme le parapente notamment», a souligné son président.
R.C.

4/11/2020

L’être humain était en Algérie il y a 2,4 millions d’années



L’étude des premiers peuplements humains préhistoriques du pourtour méditerranéen fait l’objet d’intenses recherches depuis de nombreuses décennies. Dans un article publié jeudi 29 novembre dans la revue américaine Science, nous apportons un nouvel éclairage sur cette question: des traces de présence humaine datées de 2,4 millions d’années ont été découvertes dans le nord de l’Algérie. Que révèlent-elles?

L’utilisation d’outils lithiques taillés (lithique signifie en pierre), dont on distingue les marques sur certains ossements fossiles. Un travail de boucherie a été opéré sur ces os. Ces traces d’activité sont les plus anciennes découvertes à ce jour sur tout le pourtour méditerranéen. Il aura fallu plusieurs années d’efforts de scientifiques de plusieurs disciplines (archéologie, géologie, paléontologie, géochronologie, taphonomie et archéozoologie) pour que ce travail puisse aboutir à cette publication. Des chercheurs et chercheuses issues de différentes institutions en Algérie, Espagne, France et Australie en sont les autrices.



Le site d’Ain Boucherit en Algérie

Ain Boucherit est situé au nord de la ville d’El Eulma, dans lawilaya de Sétif, à quelques centaines de mètres du fameux site archéologique d’Ain Hanech, découvert à la fin des années 1940 par le paléontologue Camille Arambourg, et daté d’environ 1,8 million d’années. Les fouilles archéologiques et recherches associées menées par Mohamed Sahnouni et son équipe dans le secteur depuis 1992 ont permis de mettre au jour de nombreux gisements archéologiques et paléontologiques dont celui d’Ain Boucherit.



Le gisement d’Ain Boucherit est composé de deux niveaux archéologiques différents appelés niveaux inférieur (AB-Lw) et supérieur (AB-Up). Dans les deux, on a trouvé des outils en pierre et des ossements fossiles. L’assemblage lithique est composé de plus de 250 pièces réalisées en calcaire ou en silex. Il s’agit de galets taillés (choppers, polyèdres et subspheroides), nucleus, éclats (dont certains sont retouchés) et autres fragments indéterminés. L’ensemble présente une unité technologique cohérente qui permet de le caractériser commeoldowayen (les spécialistes parlent aussi de Mode 1): le terme désigne un ensemble d’outils lithiques relativement peu élaborés caractéristiques du Paléolithique inférieur.

Quant à l’assemblage fossile, il est composé de presque 600 ossements issus principalement d’éléphants, d’hippopotames, de rhinocéros, d’équidés et bovidés de petite et moyenne taille. Certains os présentent des traces de découpes par des éléments tranchants ou de percussion par un percuteur en pierre. Ce sont là des activités typiques de dépeçage, d’éviscération ou d’extraction de moelle. Ces éléments montrent qu’il y a plus de deux millions d’années, les hominidés avaient déjà accès aux carcasses animales pour en extraire la viande et la moelle.
Comment Ain Bouherit a-t-il été daté?

L’absence de minéraux et dépôts volcaniques empêche l’utilisation de méthodes de datation très précises telles que l’Argon-Argon ou la téphrochronologie couramment utilisée pour les sites du rift est-africain. Du coup, nous avons dû employer une autre approche, basée sur la combinaison de quatre différentes méthodes: la stratigraphie, lepaléomagnétisme, la résonance paramagnétique électronique (RPE) et la biochronologie.

Chaque méthode apporte des informations complémentaires. Il nous a ainsi été possible de construire un cadre chronologique relativement cohérent et solide pour les niveaux archéologiques inférieur et supérieur d’Ain Boucherit. En particulier, le niveau supérieur a notamment pu être positionné au sein d’un intervalle de polarité magnétique normale identifié comme étant l’épisode Olduvai.




Quelques éléments d’explication à ce propos. L’orientation et l’amplitude du champ magnétique de la Terre à un endroit particulier varient avec le temps, et peuvent ainsi être utilisées pour dater des matériaux, des sédiments, des objets… Grâce à la chronologie de ces variations, nous savons que nous sommes, depuis 780.000 ans, dans une période magnétique de polarité principalement positive (ou normale). La période précédente était caractérisée par une inversion de la polarité. Elle a commencé il y a 2,6 millions d’années mais elle a été entrecoupée par plusieurs brefs épisodes de polarité normale, dont Olduvai, qui est daté entre 1,78 et 1,94 million d’années (Ma).

Si l’on revient au site d’Ain Boucherit, le niveau archéologique inférieur étant situé plusieurs mètres en dessous au sein d’un intervalle de polarité inverse antérieur à Olduvai, il est donc plus ancien que 1,94 Ma. À partir de la position stratigraphique des niveaux supérieur et inférieur et en partant de l’hypothèse d’un taux de sédimentation constant, nous avons pu estimer des âges respectifs pour ces deux niveaux archéologiques d’environ 1,9 et 2,4 Ma.

Le gisement archéo-paléontologique d’Ain Boucherit en Algérie. Au premier plan, la fouille du niveau archéologique supérieur daté d’environ 1,9 million d’années; au deuxième plan, le niveau archéologique inférieur (flèche rouge à la base de l’arbre) daté d’environ 2,4 millions d’années. | Mathieu Duval
Les implications de cette découverte

Ces nouvelles découvertes à Ain Boucherit changent quelque peu notre perception de la chronologie et de la diffusion de la technologie lithique oldowayenne à travers l’Afrique et l’Europe. Son origine est-africaine semble pour l’instant clairement établie. Dans cette portion de l’Afrique, de nombreux sites de plus de deux millions d’années ont été identifiés (article en anglais), dont les plus anciens à Gona en Éthiopie (2,6 Ma), bien antérieurs aux sites algériens.

L’industrie oldowayenne d’Ain Hanech, datée d’environ 1,8 million d’années, était considérée jusqu’à présent comme la plus ancienne d’Afrique du Nord. La découverte d’outils lithiques à Ain Boucherit repousse d’environ 600.000 ans en arrière l’arrivée des hominidés dans la région. Cela suggère soit une dispersion relativement «rapide» (ou du moins, beaucoup plus rapide qu’envisagée jusqu’à présent) de ce type d’industrie lithique depuis l’Afrique de l’Est vers l’Afrique du Nord, ou bien même, compte tenu des marges d’erreur sur les datations, son apparition multiple dans différentes régions d’Afrique aux environs de 2,5 millions d’années.

Enfin, ces nouvelles découvertes à Ain Boucherit témoignent d’un peuplement humain sur la marge sud du pourtour méditerranéen bien plus ancien qu’au nord, puisqu’il apparaît désormais comme antérieur de presque un million d’années par rapport aux plus anciennes traces d’industries lithiques et de fossiles d’hominidés trouvées dans le sud de l’Europe et notamment en Espagne, à Atapuerca et Orce.
Qui sont les auteurs de ces outils taillés?

Les candidats hominidés connus à ce jour comme étant les possibles auteurs de ces outils lithiques et traces de boucherie sont peu nombreux et relativement méconnus. L’Afrique du Nord a livré très peu de fossiles, et les plus anciens restes trouvés à ce jour proviennent du site de Tighennif(anciennement Ternifine), situé à environ 600 kilomètres à l’ouest d’Ain Boucherit. Le site a livré dans les années 1950 trois mandibules, des dents humaines et un pariétal attribués à une nouvelle espèce Atlanthropus mauritanicus, aujourd’hui rattachée à Homo erectus ou bien Homo heidelbergensis selon lesauteurs et autrices. Cependant, l’âge estimé de ces fossiles (environ 700.000 ans) et le type d’outils lithiques associé (de type Acheuléen ou Mode 2) diffèrent trop de ceux d’Ain Boucherit pour que l’hypothèse soit crédible.

Les fossiles d’hominidés répertoriés sur la marge nord et orientale du pourtour méditerranéen sont associés à une industrie lithique de type oldowayenne comme à Ain Boucherit, mais les chronologies sont ici beaucoup trop récentes pour effectuer une quelconque connexion avec ces gisements. Par ailleurs, les fossiles trouvés en Espagne de l’autre côté de la Méditerranée à Atapuerca Sima del Elefante et Barranco Léon, datés respectivement d’environ 1,2 et 1,4 million d’années, sont trop fragmentaires ou isolés pour pouvoir être attribués clairement à Homo antecessor, la plus ancienne espèce d’hominidés identifiée en Europe de l’Ouest et datée de 0,8 Ma. On a donc pour l’instant très peu d’information sur les plus anciens occupants de ce continent.


Les représentants du genreHomo sont généralement perçus comme de meilleurs candidats

Les meilleurs candidats sont probablement à chercher en Afrique de l’Est. Plusieurs espèces d’hominidés ont été retrouvées soit en association avec des industries oldowayennes, soit dans des dépôts de plus de deux millions d’années, c’est-à-dire dans un intervalle de temps proche de celui d’Ain Boucherit. Au sein de la lignée du genre Homo, il convient de mentionner Homo habilis ou bien Homo rudolfensis, même si d’autres représentants du genre ne peuvent être exclus. Par exemple, la découverte d’une mandibule partielle à Ledi-Geraru en Éthiopie a repoussé l’apparition du genre Homo à au moins 2,8 Ma. Elle n’a pour l’instant pas pu être rattachée à aucune des espèces connues à ce jour.

À noter également que plusieurs espèces d’australopithèques ou de paranthropes ont été retrouvées sur certains sites oldowayens et pourraient donc potentiellement être les auteurs de ces outils lithiques. Certains spécialistes n’excluent pas cette possibilité même si les représentants du genre Homo sont généralement perçus comme de meilleurs candidats du fait de certaines caractéristiques crâniennes et dentaires qui indiqueraient une plus grande capacité cognitive.

.Il y a donc plusieurs candidats possibles pour les découvertes réalisées à Ain Boucherit. Mais précisons qu’aucune des espèces citées n’a encore été trouvée en Afrique du Nord. Il est également possible qu’il s’agisse d’une espèce d’hominidé qui n’ait tout simplement pas encore été identifiée. Il convient donc pour le moment d’avancer avec prudence sur ce sujet en attendant de nouvelles découvertes.

Des cavaliers des Ouled Sidi Nail avec l’Emir Abdelkader


Que les prières et les bénédictions de Dieu soit sur notre prophète Mohamed qui nous éclaira de son enseignement et nous balisa le chemin qui mène vers la vérité, cette citadelle qui semble imprenable aux égarés et qui se trouve être à la portée du simple croyant. Prières et salutations sur notre seigneur Mohamed, sur sa noble famille et sur ses compagnons.
C’est au cours d’une discussion au sujet de la résistance du peuple Algérien et l’écriture de son histoire que me sont apparues les lacunes combien graves de certains événements importants et réels qui semblent être cachés et ignorés. Une force occulte semble nous diriger vers de faux objectifs, voire même vers de faux idéaux. Il semble que la politique, telle qu’elle est pratiqué chez nous, nous mène vers des études historiques défigurées. Des études historiques qui se font dans le sens du poil. Que certaines vérités dérangent et que d’autres, trop récentes blessent. Que les faits qui se sont réellement déroulés sont pathétiquement refoulés pour ne pas déranger cette école qui occulte la réalité, pour ne pas froisser ce genre de présence néocoloniale qui persiste à renier son appartenance et qui est porteuse de tous les déboires, de tous les maux de cette nation.
Il aurait fallu amputer dés le départ ce chancre que certains considèrent comme un butin de guerre. Aux grands maux il faut de grands remèdes, la cautérisation aurait pu rendre un grand service et tant que cela ne se fera pas on ne sortira jamais de cette situation ridicule qui nous amoindrie et fait de nous la risée des nations. Il faut savoir qu’être francophile dans ce pays est la pire des insultes. Il faut savoir que la langue française en Algérie c’est le véritable cheval de Troie. Il ne s’agit pas simplement d’une courte période, ce phénomène de dépersonnalisation et de falsification de l’histoire est radical et méthodique. Tout ce qui est authentique et original dans ce pays est occulté, fragilisé, démenti .même la présence plusieurs fois millénaires des phéniciens est oubliée volontairement. Nos regards sont dirigés inconsciemment vers des leurres, de fausses idoles, de faux problèmes, voire même des épouvantails qui nous font peur. On nous parle de problèmes identitaires, de langue, d’appartenance pour servir la France et faire perdurer sa présence criminelle. Ce que l’on nous ne dit pas, c’est notre appartenance à une civilisation qui tire ses racines orientales du fin fond de l’histoire humaine. Ce que l’on ne nous dit pas, ce sont ces dizaines de penseurs, de philosophes, de génies antiques qui ont laissé des œuvres monumentales en punique et que l’on veut passer pour latins, tel Arnobe, Lactance, St Augustin.  Ce que l’on ne nous dit pas c’est cinq mille ans de présence phénicienne, punique qui a modelé le paysage social. Ce que l’on nous ne dit pas c’est que presque cinq ou six siècles de présence romaine qui n’ont pas romanisé l’Afrique du nord. Ce que l’on veut nous faire croire, c’est le passage d’une armée en campagne, en l’occurrence celle des ‘’fatihines’’ musulmans qui est arrivée à Arabiser toute l’Afrique du nord en moins d’un siècle, idées inventée et répandue chez nous comme une vérité consensuelle. Mais pour le sage qui sait, qui connait et ceux qui connaissent ne sont pas comme les ignorants, la différence est aussi immense que quand on compare ceux qui voit à ceux qui sont aveugles. Le bon Dieu dans sa sagesse a voulu que ce pays soit Arabe et la volonté divine qui a honoré ce pays de l’Arabité ne peut souffrir de recul malgré tous les complots et toutes les colonisations permises par notre faiblesse. Désormais nous sommes conscients de cela, nous sommes aussi conscients de notre langue parlée ‘’Darija’’ en Afrique du nord depuis cinq mille ans donc beaucoup plus vieille que l’Arabe qu’on appelle communément classique et qui porte dans ses entrailles des mots Arabes qui ont disparu du moderne ou peu usités. Il faut citer l’origine ou le rapprochement des différents parlers locaux qu’on appelle le Mazighe à l’Arabe. Nul ne peut nier ce rapprochement. Nous pensons même que la seule différence entre l’Arabe et le Mazighe est une différence de prononciation n’en déplaise à quelques égarés. Ne faut-il pas citer d’autres faits, d’autres événements, d’autres, nous osons dire, phénomènes qui sont venus se greffer à notre histoire comme Le passage de quelques dizaines de milliers de vandales pendant presque un siècle dans le nord du pays. Passage qui a certainement laissé des traces profondes de leurs gènes ‘’civilisateurs’’.  D’autant plus qu’ils ne sont pas tous repartis et se sont protégés dans des massifs qui forment des enclaves. Ceci est un aperçu global et très aérien de la situation. On y reviendra certainement pour traiter cet aspect. Il ne faut pas avoir de tabous. La vérité est là et les dangers connus. Si on veut la vérité, rien que la vérité il faut appeler un chat un chat. Nous le répétons souvent, nous n’avons absolument pas de problème identitaire. L’identité collective est là pour étayer ce que nous avançons. Nous nous connaissons assez et tout le monde nous regarde de cette manière particulière qui nous définie. Notre identité sociale correspond exactement aux attributs que nous partageons. Nous partageons des valeurs, un code, un statut qui nous singularisent et que d’autres, sous d’autres cieux n’ont pas. Nous avons un art culinaire millénaire. Notre alimentation est à base de blé parce que nous avons été parmi les premiers à le connaitre, plusieurs millénaires avant les européens. Je ne citerai que le Couscous, plat inventé par Elissa - Dido. En temps de crise, elle prépara ce couscous à la viande de bœuf dont la peau a servi à acheter le terrain où fut fondée la ville nouvelle ou Carthage, mille ans avant JC.
Ibn Khaldoun, nous définit avec des particularités que nous partageons : nous nous habillons de Burnous, nous mangeons du couscous et nous nous rasons les têtes. Nous nous reconnaissons comme une communauté humaine unie dans ces valeurs sociales, nationales religieuses. Nos traditions, notre langue, nos pratiques notre pensée du vécu en commun et notre histoire le prouve. Nous voyons donc que toute l’histoire est faussée et que les causes de cet état de fait sont connues. Nous essaierons quand même de nous faufiler à travers ces méandres aux sables mouvants pour déterrer et éclairer certains faits historiques.
 La France colonialiste continue à manipuler chez nous, l’ignorance et les demis intellos font le reste du travail pour créer la zizanie et nous faire monter les uns contre les autres. Nous disions que la sagesse divine a Arabisé ce pays nous continuions pour dire cela, cette présence a permis d’islamiser ces contrées pour de bon, POUR DE BON. C’est là que se trouve la clé de voùte. Nos ennemis le savent, l’islam représente l’arête qu’ils ont au gosier. Cet islam est d’abord incarné dans la maison du prophète. Les fils de Mohamed (qsdl) qu’ils veulent éradiquer de ce pays. Dans une cérémonie de sortie d’officiers d’une grande école militaire française, vers 1840 l’aumônier qui leur faisait le discours leur demanda d’aller tuer les fils de ‘’Mahomet’’ chez les Ouled Nail. Propos rapportés par le général Marrie Monge. Justement dans ce pays des Ouled Sidi Nail, cette armée colonialiste trouva une dimension dans la résistance et la magnanimité qu’elle ne connaissait pas. Si elle est arrivée à occuper presque toute l’Algérie du nord pratiquement sans encombre elle s’est cassé les dents face à d’intrépides cavaliers qui ont retardé de vingt ans la machine de guerre colonialiste. Il s’agissait véritablement d’une machine de guerre. Cette armée de Napoléon qui avait l’expérience des fronts russes, de la Bérézina, de Trafalgar et d’ailleurs. Cette armée équipée du meilleur matériel et des meilleurs officiers des grandes écoles de guerre. Cette armée qui possédait des fusils à répétitions, les chassepots et autres quincailleries modernes nous disions qu’elle s’est cassé les dents devant la noblesse des gestes et l’abnégation face à la mort. La chevalerie des Ouled Sidi Nail , leurs meilleurs cavaliers , armés de la croyance et de mauvais fusils à mèches et de yatagans ont eu raison de l’amour propre de cette armée coloniale. C’est donc une dizaine de personnalités qui dirigerent la résistance de la grande confédération des Ouled Nail dont nous allons parler. De jeunes chefs de guerre issus de grandes tentes souvent instruits dans les Zaouïas et personnages importants dans leurs tribus. Le meilleur de la jeunesse Naili va créer la légende de gloire que l’ennemi veut encore cacher encouragé par les vicissitudes à venir imposés à cette tribu.  C’est autour de Si Cherif belahrech et grâce à lui que se forma le noyau d’officiers qui vont marquer l’histoire et faire la gloire de cette nation. Ce noyau fut l’état major des Ouled Nail au service de l’Emir Abdelkader qui construisait l’état Algérien moderne. Quel destin merveilleux que celui de Si Cherif belahrech, destin identique à celui de l’Emir Abdelkader. Non seulement la ressemblance physique frappante et leur âge mais aussi le parcours de l’éducation et de la scolarité. En effet si cherif après des études dans la Zaouia El-Mokhtaria où il fut condisciple de Sidi Abderrahman Naâs, de si Mohamed ben Belkacem, de si Cherif ben Khobizi et d’autres encore, était destiné à enseigner chez les siens en ouvrant sa Zaouia. La colonisation changea la donne. Les Ouled Sidi Nail dans la lancée de leur expansion étaient forts et riches. Ils allaient et venaient, rapportant des butins immenses de leurs expéditions. L’attaque contre la garnison turc de M’sila est la preuve de leur audace. Pendant ce temps l’Emir Abdelkader organisait ses états. Les Ouled Sidi Nail se rangèrent alors sous son autorité, l’Emir plaça à leur tête Si Abdesselem ben Gandouz , cheikh vénérable d’une grande notoriété, des Ouled Ghouini. Quand il a fallu organiser l’armée composée de fantassins et de cavaliers, si Abdesselem, trop vieux pour faire la guerre, désigna, tout comme Si Mahieddine, son neveu Si Cherif pour diriger le goum. Ce choix s’avérera efficace plus tard car il allait s’imposer par son humilité, par son courage, par son intelligence et son éducation coranique. Si Cherif organisa alors son état major on faisant appel à toutes les tribus de la confédération. Les Abbaziz sont toujours presents.Il eut comme chefs, Tahar ben N’mir homme d’épée commandant le Goum de telli pour nettoyer le Zarhez et Mohamed Ben Abdesselem des Ouled Ghouini. Si Belayache des Ouled Aissa, le cheikh El-Bouhali des Ouled Saad Ben Salem ainsi que M’had ben Fodil des Ouled Si Ahmed. Mohamed ben Attia des Ouled Dia (ouled Abdelkader et ouled Bouabdallah) , Harane des Ouled M’hmani et Telli ben Lakhel des Ouled Si Ahmed dont la bravoure et l’héroïsme dépasse de loin ce qui est écrit. Considéré comme le plus grand résistant avec l’épopée de la résistance de Laghouat, Ô Comble, il ne trouve pas sa place dans le « panthéon » des Moudjahidine. Si Zebda, El-Amri, si Boularbah des Ouled Saad Ben Salem, Hamrourech des Ouled Yahia Ben Salem, si Belayachi des Ouled Aissa et Cheikh El-Bouhali et M’had ben Fodil des Ouled si Ahmed, rallieront l’état major.
 Ce Goum, fort de plus de 1600 cavaliers se dirigea vers le Djebel Gourou dans le massif des Amours pour rencontrer l’Emir et se mettre à sa disposition. De là ils l’accompagnèrent dans une tournée qui les mena vers El-Hadjeb, voir le cheikh Mabrouk moqadem de la Tijania puis vers le djebel Miloq pour rencontrer les Larbaa qui ne vinrent pas, ensuite ils passèrent à Dahouane  et khatala pour rencontrer le Moqadem Si Mohamed Zebda des Ouled M’lakhoua, connu pour son prestige, par sa science et sa bravoure, ayant fait les mêmes classes du Cheikh El-Mokhtar. Ils allèrent ensuite vers Kef Tiour et rencontrerent El-Amri des Ouled Amer ben Salem, personnage important et grand heros. Là, ils campèrent pour recevoir tous les chefs des confréries d’ouled Djellal, de Tolga et d’El-Hamel. Ceci est surtout connu par la tournée de Boussaâda de l’Emir.
 Si Cherif fut un véritable entraineur d’homme. Il fut capable de mener la résistance pendant plus de vingt ans dont douze ans de combats acharnés, sans se décourager et dans le dénuement presque total face à la machine de guerre de l’envahisseur. Ils méritèrent alors les éloges de leurs adversaires soldats. Prenant l’exemple de leur sultan, l’Emir Abdelkader qui par son génie et son courage continuait le combat désespéré contrairement au bey qui dés la chute de sa ville en octobre 1837, fut battu.
 Des hommes exceptionnels sortirent des rangs pour écrire des pages glorieuses qui allaient humilier la grande armée de l’envahisseur qui était composée d’un Corps expéditionnaire de 100 000 hommes et des centaines de généraux avec toute la liberté d’action sans se soucier guère des pertes. Mais aussi certaines tribus environnantes, que l’Emir voulait punir pour trahison.  D’ailleurs plus de la moitié des batailles étaient dirigées contre la trahison des tribus. Pendant vingt ans, ces chefs des Ouled Sidi Nail aux sentiments élevés, défendirent et interdirent de manière fulgurante l’accès dans leur pays qui était alors appelé le pays de la peur et de la poudre. Ils prouvèrent que le degré d’organisation et de discipline qui était exceptionnel allait donner une belle page à l’Algérie et aux leurs.  Que de combats glorieux et honorables qui restent dans les annales, les campagnes de la Kabylie, la bataille de l’oued Issers. Les luttes et les résistances contre le sinistre général Youcef et ses méthodes condamnables et contre d’autres généraux français qui sont venus faire leurs armes contre nous. Certes nous avons payé le prix très fort. Les colonialistes se sont vengés de nous pour laver l’affront. On nous a réduits à l’extrême de la pauvreté et de l’ignorance. On nous a tué et jeté l’opprobre sur nous. On nous a accusé de tous les maux, nous les enfants du prophète. Les colonialistes pour nous exterminer ont manipulé d’autres tribus contre nous, dans leur politique de diviser pour régner. Nous avons fait avec parce que affaiblit et appauvrit comme le reste des Algériens. Mais là ou le bas blesse, c’est que nos enfants ignorent complètement ces gloires passées. Aucun écrit, aucune commémoration, nul manuel scolaire n’en parle et pourtant c’est des événements qui ne disparaitront jamais.  Aujourd’hui nous restons perplexes devant cette incompréhension. ..
Il serait vraiment de bonne justice de rendre grâce et dire merci à ces géants de la résistance. Leur réaliser cette fresque à la hauteur des sacrifices. Que celui qui semble s’intéresser en organisant des colloques, ait assez de courage pour le dire. Maintenant qu’une prise de conscience est presque générale. L’assemblée de la wilaya étant averti qu’elle nous réalise donc cette fresque de commémoration, c’est le moins qu’elle puisse faire…
Par  

4/07/2020

Classé patrimoine mondial et réserve de biosphère :: Le cyprès du Tassili menacé d’extinction dans le Sahara central



remarquable par sa résistance sous un climat hyperaride et par sa longévité dépassant les 2.000 ans pour les plus vieux spécimens, le cyprès du Tassili, une espèce endémique du Sahara central, est menacé de disparition. En cause, les variations climatiques qui compliquent sa régénération dans son habitat naturel, disent les spécialistes.
Découverte en 1924, cette espèce, appelée aussi le cyprès de Duprez ou Tarout en tamashaq (langue des Touareg), est classée par l’Union internationale pour la conservation de la nature (Uicn) parmi les 12 espèces végétales menacées d’extinction dans le monde. Le résineux, qui peut atteindre jusqu’à 20m de haut et 12 m de circonférence, est l’unique représentant de l’endémisme du parc culturel du Tassili N’Ajjer, classé patrimoine mondial en 1982 et réserve de biosphère en 1986. Grâce à son feuillage dense, qui en plus de procurer de l’ombre pour les hommes et les bêtes absorbe l’humidité de l’air, le cyprès s’est adapté à l’aridification progressive du Tassili, selon les spécialistes. 
Cependant, le nombre réduit d’arbres, seulement 233 individus au dernier recensement de 2001, inquiète les scientifiques qui mettent en cause les conditions climatiques extrêmes empêchant sa régénération dans son milieu naturel. Fatiha Abdoun, universitaire et auteure d’une thèse de doctorat sur la répartition, le dépérissement et la régénération du cyprès, déplore surtout un «défaut d’entretien», parmi les facteurs de déperdition de ce conifère millénaire. Pour elle, «une germination par siècle à l’abri des troupeaux et des hommes serait suffisante pour perpétuer cet arbre longévif qui a besoin d’un apport annuel en eau de 30 mm, en plus des condensations atmosphériques». Or, explique la chercheure associée au projet algéro-tchèque pour la réintroduction du cyprès dans le Tassili, la baisse des précipitations annuelles ne dépassant pas les 20 mm dans la région de Djanet «réduit les chances de régénération in situ» de cet arbre tassilien qui plus que jamais «a besoin d’irrigation». Hors habitat naturel, «le recours à des techniques de germination en laboratoire reste à ce jour la seule possibilité de perpétuer l’espèce», affirme-t-elle à l’APS. De fait, 16 cyprès, cultivés in vitro par des botanistes tchèques, ont été récemment réintroduits en Algérie : 11 pour être plantés dans la région d’Illizi (Tassili) et le reste des jeunes pousses à Alger, dont deux individus au Jardin d’essai du Hamma. Cette opération est le fruit d’une coopération entre l’Office national du parc du Tassili N’Ajjer et le Jardin botanique de l’université Charles de Prague (Tchéquie). 

Plan d’urgence et stations d’acclimatation 
Hamida Diaf, ingénieure à l’Agence nationale de conservation de la nature, unité de Laghouat, pointe du doigt le «tourisme anarchique» et la main de l’homme, «responsables» de la raréfaction du cyprès du Tassili et de l’accélération de son dépérissement. Son propos est appuyé par Mme Abdoun qui préconise un «accompagnement des excursions dans le plateau du Tassili, alliant activité touristique et respect de la biodiversité». Pour éviter le déboisement du cyprès, même si l’espèce utilisée comme bois combustible est d’un rendement énergétique faible, précise-t-elle, la spécialiste juge nécessaire la plantation d’autres espèces à usage combustible, à l’image de l’acacia, pour les besoins domestiques des nomades du Tassili. Et pour mettre à l’abri les derniers individus survivants et prendre en charge la multiplication du cyprès du Tassili, elle recommande un plan d’urgence dédié à la régénération de l’espèce par des «procédés scientifiques et techniques avérés». 
A propos de la régénération ex situ, l’ingénieure insiste sur la création de stations d’acclimatation et de suivi des espèces en difficulté, à l’exemple du cyprès du Tassili, du pistachier de l’Atlas, du sapin de Numidie et du cèdre de l’Atlas. Même souci pour le directeur général du Jardin d’essai du Hamma, Abdelkrim Boulahia, qui fait savoir que son établissement reste dépourvu d’un laboratoire de reproduction in vitro alors même que l’inventaire et la préservation de la flore algérienne entrent dans ses missions scientifiques. Avec le sapin de Numidie, l’autre conifère à caractère endémique, le cyprès du Tassili a pour seule patrie l’Algérie. 
APS