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4/02/2016

Les valeureux enfants de Tiaret



Tout comme les autres régions d’Algérie, Tiaret a, elle aussi, enfanté des révolutionnaires, des figures politiques, des intellectuels et des artistes qui sont aujourd’hui cités en exemple tant ils représentent une fierté pour la région, voire le pays tout entier.
Militants au sein du Parti du peuple algérien, les frères Meziane et Saïd Aït Ameur, en s’engageant dès la première heure dans la Révolution algérienne, ont vu leur nom indissociable de l’Histoire de l’Algérie. Ils ont combattu aux côtés d’autres Algériens, parmi lesquels Kaïd Ahmed, dit commandant Si Slimane, lui aussi natif de Tiaret. Si Slimane était responsable politique et représentant de l’ALN aux négociations des accords d’Évian (1961-1962). Au lendemain de l’indépendance, il gérera plusieurs portefeuilles ministériels (Tourisme, Finances et Plan) avant d’être élu secrétaire général du FLN de 1967 à 1974. Il décède à Rabat (Maroc) en 1978. Tiaret enfantera d’autres personnalités politiques, dont l’ancien ministre Belgacem Belarbi, ancien ministre et Bouabdellah Ghlamallah, ancien ministre des Affaires religieuses. 
Chanteur, compositeur, parolier et militant, Ali Maâchi a combattu le colonisateur français, avec sa plume, sa voix et sa musique. Natif de Tiaret, il y a vu le jour le 12 juin 1927. Connu pour ses chants patriotiques, il sera arrêté avec deux de ses amis moudjahidine, Djilali Bensotra et Mohamed Djahlène, parce qu’il aura refusé de dire « mon pays c’est la France ». Après avoir été torturé, il sera tué le 8 juin 1958, pendu à un arbre à la place Carnot à Tiaret.
Missoum Boumediene fait partie également des personnages-phares de la ville de Tiaret. Membre fondateur de la Ligue algérienne des droits de l’homme, il est passionné de cinéma. Ce qui l’amène tout logiquement à la tête de la cinémathèque de Tiaret dont il sera le premier directeur. Victime d’un AVC, il décède à l’âge de 67 ans en 2013. Un autre artiste, célèbre de par le monde, fait également partie des ambassadeurs de la ville : l’auteur, compositeur et musicien Hamid Baroudi. Né en 1960, l’artiste, établi en Allemagne depuis plusieurs années, a débuté avec le groupe Dissidenten. Rencontrant un énorme succès, il décide de poursuivre une carrière en solo. Il a à son actif plusieurs albums et plusieurs tournées de par le monde. 

Hassina Amrouni

Tiaret: Il y a trois ans, disparaissait Missoum Boumediene



Il y a déjà 3 ans, jour pour jour, disparaissait Missoum Boumediene, laissant l'antique Tingartia orpheline de l'un de ses meilleurs enfants. Décédé le 3 avril 2013 à l'âge de 67 ans, le défunt était un journaliste talentueux, un sacerdoce qu'il a patiemment mené aux côtés de son amour de toujours : le cinéma. Sous sa houlette en tant que directeur de la cinémathèque de Tiaret dans les années quatre-vingt, la vie culturelle et artistique dans l'antique Tihert connaîtra un rayonnement sans pareil jusqu'à son départ en exil «forcé». 

Rentré au pays en janvier 2013 où il retrouva ses amis de toujours, Missoum Boumediene s'était très vite retrempé dans l'ambiance de sa ville natale, jusqu'à ce fatidique jeudi 3 avril où il fut terrassé par un AVC. Egalement membre fondateur de la Ligue algérienne des droits de l'homme, Missoum Boumediene était un infatigable militant des sans voix et des laissés-pour-compte, en Algérie comme à l'étranger. Missoum, en véritable cheville ouvrière de l'activité culturelle et artistique locale, et après son retour au bercail, avait des projets plein la tête pour redorer le blason d'une ville devenue orpheline d'hommes de la trempe de celui qui milita toute sa vie pour la dignité de sa ville et de son pays : l'Algérie. Né il y a 68 ans dans la ville de Tlemcen, Missoum, « Boum » pour les intimes, grandira dans le giron de sa ville bien-aimée : Tiaret. Selon l'un de ses amis d'enfance, Missoum fit montre d'une intelligence rare à un âge précoce ; il s'est très jeune ouvert à la langue de Shakespeare qu'il maîtrisait à la perfection, « à un point tel qu'avec son teint clair, ses cheveux presque blonds et sa silhouette élancée, il donnait l'impression d'être un anglais, avec son flegme british. Personnalité au gout raffiné, il était toujours tiré à quatre épingles, un parapluie à la main, et l'écharpe rouge autour du cou », témoigne son ami, la voix encore nouée par l'émotion. Ses amis proches se souviennet : Le défunt Missoum Boumediene avait aussi l'âme mélomane, rares sont ceux qui savent qu'il aimait la soul musique, le rock ou encore le blues. La main toujours sur le cœur, « Boum » avait toujours un billet ou une pièce de monnaie qu'il glissait dans la poche de tel ou tel copain qu'il savait dans le besoin. 

Un homme d'une bonté reconnue par tous, d'une bravoure et d'un courage exceptionnels, l'alter ego de Boudjemâa Karèche était surtout un humaniste, un militant clairvoyant, un symbole de combat pour la démocratie, la liberté, la promotion des droits de l'homme et la défense de l'idéal républicain. Avec plusieurs cordes à son arc, Missoum fut membre fondateur et animateur du club de Tiaret qui a vu le jour en 1969, membre fondateur de l'université populaire de la même ville en 1973, élu à l'assemblée populaire communale de Tiaret en 1975, membre fondateur du comité d'organisation de la 1ère équipe de foot féminin en Algérie en 1978 toujours à Tiaret, avant d'occuper le poste de directeur de la Cinémathèque de la capitale des Hauts-Plateaux de l'Ouest de 1984 à 1994. «Boum» fut aussi une plume engagée et a exercé au sein de plusieurs journaux comme Alger Républicain ou encore Le Matin. Comme un terrible signe du destin, Missoum a voulu se souvenir de ses frères et amis emportés par la grande faucheuse lors de la décennie noire, en contribuant, une semaine avant sa disparition, à l'organisation d'une journée contre l'oubli. 

par El-Houari Dilmi

4/01/2016

Palais Aziza de Blida : un monument historique en proie à la dégradation

Le palais Aziza, un monument historique situé dans la commune de Béni Tamou (Blida), est en proie à une forte dégradation suite aux modifications subies dans sa structure originale de la part de familles qui le squattent depuis l’indépendance faute d’une volonté pour sa restitution en vue d’en faire un musée dédié aux générations futures. Ce palais est d’une importance extrême car considéré comme l’unique monument historique de la wilaya, qui a résisté au séisme de 1825 qui avait détruit toutes les bâtisses de l’époque, à l’exception de ce monument édifié par les Turcs selon des normes parasismiques forts similaires à celles actuellement en vigueur, selon des spécialistes du domaine.L’édification du palais Aziza remonte à l’époque ottomane, précisément au début du 18e siècle. Il a été construit par le Dey Mustapha Pacha pour sa fille unique, Aziza. Objet de convoitises, cette bâtisse fut occupée, des l’indépendance, par de nombreuses familles qui y ont élu domicile, avant de procéder à des modifications ayant défiguré la structure originale du palais, dont les murs et les toitures sont aujourd’hui menacés d’effondrement.
Seule l’apparence subsiste
Aujourd’hui encore, il est aisé pour le visiteur de ce monument historique, sis à 6 km du chef-lieu de wilaya de Blida, de constater de visu les profondes modifications subies par la structure de ce palais, s’étalant sur une surface de 560 m2. à titre d’exemple, un mur a été érigé au milieu du couloir du premier étage, ainsi que des escaliers dans la cour du palais, qui n’existaient nullement auparavant, ou encore la fermeture des portes en voute afin de séparer les familles y habitant.
L’énorme portail du palais (3,25m de hauteur sur 2,90 m de largeur) fait en bois de cèdre a, lui aussi, subi les aléas du temps, au même titre que ses fenêtres, ses larges murs en pierre et ses larges colonnes de soutènement. Selon la chargée de la section locale de l’Office national de gestion et exploitation des biens culturels, Boudhraà Rafika, la bâtisse avait été exploitée au début du colonialisme français, en tant que prison centrale.
Les détenus de cette prison étaient exploités, à l’époque, dans la réalisation de routes, de travaux hydrauliques et d’agriculture, a-t-elle expliqué. Elle fut, ensuite, transformée en caserne militaire, au déclenchement de la Guerre de Libération nationale, avant de devenir une résidence pour le parachutiste sanguinaire Lagarde, jusqu’en 1962, a-t-elle ajouté. Aussi, son architecture est fort similaire à celle du palais Aziza de la Casbah d’Alger. Le palais servait de résidence de vacances pour la famille du Dey, qui y trouvait un espace naturel privilégié, entouré d’orangers et de bigaradiers, et disposant de toutes les commodités nécessaires pour la cour.
Familles « révolutionnaires » squattant un monument historique
Les quatorze familles résidant dans le palais Aziza, se disant composées d’ »enfants de chahids et d’anciens moudjahidine », implorent les autorités locales en vue de leur évacuation de cette bâtisse historique qu’ils occupent depuis l’indépendance, ceci d’autant plus que ses murs menacent ruine et constituent, de ce fait, « un danger de mort à tout moment ».
Ces familles ayant squatté le palais Aziza ont, en outre, affirmé avoir reçu de nombreuses promesses de la part des responsables qui se sont succédé dans la wilaya, pour « leur relogement dans des habitations décentes », déplorant le fait que ces promesses soient demeurées « lettre morte, en dépit de la gravité de la situation ». De son côté, le secrétaire général de la commune de Béni-Tamou, Hadj Amar, a soutenu que les familles recensées dans cette bâtisse ont « déjà refusé leur évacuation vers la ville de Meftah, à l’est de Blida, et qu’elles ont réclamé leur relogement sur le territoire de leur commune ». Une revendication actuellement prise en charge, a-t-il dit, à travers leur inscription au titre du projet des 250 logements, en chantier dans cette localité.
La restauration du palais tributaire du relogement
Pour les responsables du secteur de la culture de la wilaya, l’entame des travaux de restauration de cette bâtisse est tributaire de l’évacuation des familles y résidant, dont le départ permettra, selon eux, la restitution de ce monument historique et son enregistrement dans la liste du patrimoine local de la wilaya. Selon le chargé du service du patrimoine à la direction de la culture, Bounsair Nacer, le lancement du chantier de restauration de cette structure, dont l’étude dotée d’une enveloppe de 10 millions de dinars a été parachevée, est tributaire de l’évacuation des familles y résidant par les autorités locales.
Un cahier des charges relatif à des travaux d’urgence prévus sur le site, dès son évacuation, a été élaboré, dernièrement, a-t-il annoncé, signalant qu’une fois les travaux de restauration achevés, la bâtisse sera proposée au classement en vue d’en faire un musée dédié à la préservation de l’histoire et du patrimoine de Blida. Sur cette question, le SG de la commune de Béni-Tamou a nié avoir été informé du parachèvement de l’étude initiée par la direction de la culture, ou avoir reçu un quelconque document ou demande d’évacuation urgente de ces familles, pour le lancement des travaux de restauration. « La situation nous dépasse et nécessite une intervention des autorités de la wilaya, car le projet de logements en question est loin d’être livrable, vu qu’il est attendu à la réception pour septembre prochain », a souligné, à cet effet, M. Hadj Amar. En dépit du manque, voire de l’absence de sources ou bibliographies relatives au palais Aziza de Blida, à cause de l’absence d’études à son sujet, les natifs de la région continuent, à ce jour, de se relayer l’histoire de celle tombée amoureuse des lieux et qui y est décédée, selon la version locale de l’ histoire de cette princesse.
Encore plus, beaucoup d’habitants de la région se font un point d’honneur de nommer leurs filles Aziza ou de donner ce nom « béni », selon eux, à leurs commerces.
Le dernier cas en date est celui du propriétaire d’un restaurant baptisé « restaurant palais Aziza » en l’honneur de cette princesse.
Un enmployé de cet établissement n’a pas manqué d’exprimer sa tristesse de voir ce monument abandonné, après avoir constitué une fierté pour leur localité, ayant été préférée par Aziza parmi de nombreuses autres régions du pays.

Réhabilitation des espaces verts : la wilaya forme des agents en jardinage

Quand on veut améliorer des prestations, il existe toujours des idées innovantes qui sont à l’origine de cette mutation qualitative, si toutefois seront bannies les pensées léthargiques, non pas des personnes lambda en premier, mais des responsables au niveau des niveaux décisionnels et exécutifs, qui affichent des réticences et peu d’entrain à changer et qui demeurent indolents quand ces idées viennent de gens simples et épris d’une mutation collective. Depuis peu c’est le ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales qui parle des places publiques, des jardins et des espaces verts, se trouvant dans une situation lamentable et qu’il faut à tout prix réhabiliter. Ceux qui ont songé à cette réflexion l’ont bien pensée car ils sont partis du point où les choses nécessitent véritablement un changement et un rajeunissement de la main-d’œuvre qualifiée dans le domaine des aménagements, de la réhabilitation et de l’urbanisme. Oui, ils ont tout d’abord pensé à la formation des agents des collectivités locales et de la direction de l’animation locale (DAL). Ainsi, une convention, cadre a été signée entre, d’une part, la wilaya représentée par la DAL, et la direction de la formation et de l’enseignement professionnels d’autre part. En effet, le premier jet consiste à former 21 agents communaux dans le domaine du jardinage, de l’amélioration urbaine des espaces verts et autres censés être utilisés par la population au niveau des cités et des quartiers. Même si la formation n’est pas payante pour un début, puisqu’il s’agit des besoins pressants pour les collectivités locales, l’expérience en elle même constitue un pas décisif qualitatif et très significatif car elle peut être élargie à d’autres formations clés appelées à améliorer le cadre de vie du citoyen. Aujourd’hui on est tous d’accord que les ordures, la prolifération des décharges sauvages au niveau des cités, le laisser aller caractérisé du citoyen sont des maux sociaux qui rendent les collectivités locales dans l’incapacité d’agir pour manque de moyens adéquats et suffisants. Les collectivités locales ne doivent pas lésiner sur les moyens humains et matériels quand il s’agit du cadre de vie à préserver, réhabiliter et améliorer. Voilà un domaine d’activité assez sensible et très délicat qu’il faut à tout prix songer à prendre en charge d’une manière idoine et sans tarder.
Le problème est connu, c’est le leitmotiv pour toute autorité désignée à la tête d’un secteur donné. Le ministère de l’Intérieur va-t-il écouter les élus locaux et les responsables qui ont mis l’accent sur cette problématique d’intérêt communautaire ?
Boualem Belhadri

Parc de Belezma (Batna) : la richesse floristique nécessite un traitement scientifique

Le parc national de Belezma (PNB), près de Batna, une vaste étendue verdoyante de 26.250 hectares, recèle une richesse floristique inestimable dont les « secrets » mériteraient un intérêt accru de la part des scientifiques et des chercheurs, estiment les responsables chargés de la gestion de cet espace. Selon le chef du service de la protection des espèces du PNB, Mohamed Bensaci, quelques unes parmi les 650 espèces et sous-espèces floristiques poussant copieusement à l’état sauvage sur cette vaste étendue naturelle, sont très rares, à l’image du cèdre de l’Atlas, du thym vulgaire et des globulaires.
L’intérêt de ce patrimoine naturel ne réside pas seulement dans son originalité ou dans les services environnementaux qu’il rend, mais également dans son impact socioéconomique, relève cet ingénieur qui souligne aussi que la pharmacopée locale fait appel à plus de 160 plantes médicinales, dont la plupart poussent dans ce parc, et sont utilisées par la population locale sous forme d’infusion (armoise, lentisque, thym, sauge, carotte sauvage et romarin).
Le parc de Belezma qui chevauche huit communes de la wilaya de Batna, est situé dans une région où se croisent l’Atlas tellien et l’Atlas saharien, ce qui y a particulièrement favorisé une diversité botanique renfermant des essences introuvables ailleurs, tel l’églantier (rosa canina) dont les feuilles riches en vitamine C servent à la préparation d’une infusion à grande valeur énergétique. Autre essence connue en médecine traditionnelle locale, il est cité le pistachier lentisque, dont les feuilles et les fruits servent surtout au traitement des problèmes gastriques, tout comme le phylaire (Erratum) et le genévrier de Phénicie dont on extrait l’huile de cade aux usages bien connus en cosmétique, alors que le fruit du genévrier oxycèdre sert à traiter les inflammations de la gencive ainsi que la gale des animaux. Le PNB renferme aussi, entre autres espèces intéressantes, l’astragale employé pour guérir l’enrouement, la bardane qui a une action antiseptique et analgésique et la bourrache dont l’huile est employée comme remède contre les dermatoses.
Une flore à valoriser
Ces essences, dont le bien-fondé de l’emploi thérapeutique est établi en médecine traditionnelle, dans la région des Aurès, ne sont actuellement exploitées que par des riverains de ce parc et certains herboristes dont le nombre connaît une nette augmentation ces dernières années, en raison de la demande populaire dont font l’objet ces plantes. « Toutes ces plantes et bien d’autres ont aujourd’hui besoin d’être valorisées et de faire l’objet d’une recherche scientifique, l’administration de la réserve étant entièrement disposée à apporter l’aide nécessaire aux jeunes désirant créer des coopératives pour la culture et la multiplication de ces essences », selon M. Bensaci. Pour ce responsable, il est « primordial d’agir dans un cadre concerté, participatif et consensuel, allant dans le sens de la préservation des différentes espèces de plantes constituant l’écosystème de la région ». à ce jour, aucune manifestation d’intérêt de la part des industries nationales pharmacologique et cosmétique ne s’est exprimée pour ces essences, alors qu’une série de facteurs menacent ce patrimoine écologique, notamment l’extension des zones agricoles, la surexploitation, l’urbanisme ou encore la pression anthropique, en plus de la sécheresse et du réchauffement climatique, a-t-on relevé.

Célébration de la journée mondiale de l’arbre : l’arganier à l’honneur

La Conservation des forêts a célébré, lundi, la journée mondiale de l’arbre, coïncidant avec le 21 mars de chaque année, par la programmation, au niveau de son siège, de plusieurs activités didactiques destinées aux enfants, en vue de les sensibiliser sur l’importance de la préservation de l’environnement.
Un évènement qui sera caractérisé par le lancement de campagnes de reboisement à travers plusieurs sites de la wilaya.
Il sera, également, une occasion pour la réalisation de projets de proximité portant sur la plantation d’arbres fruitiers et rustiques, dans le cadre des trois programmes prioritaires, à savoir la protection des bassins versants de barrages, la lutte contre la désertification et l’extension du patrimoine forestier. Ce dernier, faut-il le souligner, est fortement menacé par la déforestation, dont les conséquences sont souvent dramatiques. Toutefois, cette année la Conservation des forêts de Chlef a voulu marquer l’évènement en mettant en évidence un arbre particulier, à savoir l’arganier. La plantation de quelques spécimens à la Conservation des forêts, il y a presque quatre ans est plus qu’encourageante, puisque l’arganier s’est acclimaté facilement. Selon Benameur, un ingénieur des forêts, « une terre aride et un climat largement ensoleillé conviennent parfaitement à l’arganier, qui d’ailleurs n’a besoin que peu d’eau de pluie ; et pour arriver à survivre, cet arbre possède un système racinaire extrêmement développé. Il va puiser l’eau profond, jusqu’à 20 et 25m sous terre. En effet les racines de l’arganier représentent cinq fois sa partie aérienne, (son tronc et ses branches). Pour autant, son système racinaire est dépourvu de poils absorbants ». Par ailleurs si cet arbre est tout indiqué pour peupler nos maquis, il n’en demeure pas moins que l’arganier, qui est une essence forestière incontournable du grand sud-ouest marocain, est un arbre à usage multiples. Chaque partie de l’arbre constitue une source de revenus ou de nourriture pour l’usager. Tout d’abord dira M. Benameur « il fait office de frein à la désertification, puis un matériau de construction et bois de chauffage »Extrêmement dur, le bois de l’arganier est particulièrement apprécié comme bois de charpente et il constitue un isolant écologique parmi les mieux adaptés à un usage en région chaude ».Mais le plus important qu’on puisse tirer de cet arbre c’est incontestablement celui de son huile qui vaut son pesant d’or. Il faut noter que cet arbre épineux produit des fruits similaires à de grosses amandes, qui sont séchés au soleil.
De ce noyau sont ensuite extraites les graines, qui donneront l’huile appelée communément huile d’argan. Il faut compter environ 100 kg de fruits pour produire 1 L d’huile d’argan. Les vertus de cette huile ne sont plus à démontrer et de nombreux laboratoires de cosmétiques se l’arrachent à prix d’or. En effet l’huile d’argan cosmétique bio et 100% naturelle, est quant à elle utilisée en application sur la peau, les cheveux ou les ongles, pour prévenir le dessèchement et agir comme un excellent soin de beauté.
Naturelle et sans apports chimiques, elle est riche en acides gras essentiels: oméga 6 et vitamine E. l’huile d’argan cosmétique s’utilise soit à l’état pur ou comme composant pour la fabrication de différents produits d’hygiène et de beauté. D’ou l’intérêt manifesté par les responsables de la Conservation des forêts de Chlef pour introduire et planter sur une grande échelle l’arganier.
Bencherki Otsmane

Les monts de Tlemcen intégrés au réseau mondial des réserves de biosphère de l’Unesco

Les monts de Tlemcen, une réserve forestière naturelle, viennent d’être intégrés au réseau mondial des réserves de biosphère de l’Unesco, lors d’une réunion du Conseil International de Coordination du programme de l’organisation onusienne sur l’homme et la biosphère. Cette décision a été favorablement accueillie par les responsables concernés, à leur tête le directeur du parc national de Tlemcen, qui considère que ce classement est « un acquis national de plus qui couronne des années d’efforts déployés par les services techniques qui ont soumis ce projet au Conseil de l’Unesco depuis 2010″. Kazi Saïd a fait observer que l’instance qu’il dirige a toujours positivement répondu aux réserves exprimés par le Conseil. « Notre intégration au réseau de l’Unesco est une certification internationale qui nous honore d’une part et que c’est un nouveau pas de franchi qui nous incite à plus de travail pour protéger nos forêts et les promouvoir ». « Cette mise en relation avec ce réseau international signifie que nous pourrions bénéficier d’importants programmes pour une meilleure exploitation de ce patrimoine », a-t-il ajouté, rappelant que le parc national de Tlemcen est devenu, en 2010, membre du réseau mondial des forêts pilotes, dont le siège est basé au Canada, englobant de nombreuses forêts à travers le monde. Ce réseau s’appuie sur le mouvement associatif et les collectivités locales et les instances officielles des pays concernés pour créer des espaces en lien avec le patrimoine forestier, pour une bonne gouvernance. Réagissant à l’annonce de l’intégration de la réserve de la forêt des monts de Tlemcen au réseau de l’Unesco, le conservateur des forêts de la wilaya, Mohamed Doumi, a estimé que cette décision permettra de créer une parfaite symbiose entre l’homme et son environnement , pour une meilleure exploitation des ressources naturelles, selon une politique de proximité en lien avec les riverains pour assurer et créer un certain équilibre pour un développement durable des espaces. Cette opération a pour but également, a ajouté le même responsable, de créer une passerelle et un partenariat entre les pays concernés pour réaliser de grands projets visant à la promotion des forts et une gestion durable des ressources naturelles. Le même responsable a fait remarquer que « la forêt permet à la société d’initier diverses activités économiques rentables telles que l’écotourisme, l’élevage, l’apiculture, la culture du liège et l’industrie pharmaceutique. D’où l’intérêt de la préserver et de la protéger pour ne pas rompre un équilibre trop souvent fragile ».
Une réserve de plus de 8 000 ha
La réserve forestière du massif Tlemcénien, située dans le voisinage du parc national, couvre une superficie estimée à 8 222 hectares et comprend 13 zones dont 13 communes dont celles de Beni Snouss, Beni Behdel, Aïn Fezza et Mansourah. La réserve compte un couvert composé de plusieurs essences comme le pin d’Alep, le chêne liège, le chêne vert et les marrons de liège. Selon l’ingénieur Miliani Khedidja, chargée du dossier relatif au classement du site, les marrons de liège couvrent plusieurs étendues dans le massif forestier « Ahfir » dont les sites de « Tazarift » (625 ha), « Aïn El Mourdjane » (305 ha) qui produisent un liège de qualité, permettant à cette région de bénéficier, ces dernières années, d’études poussées en terme d’aménagement et de réaménagement de ces forêts et leur protection. Cette réserve dispose d’autres atouts dont un nombre important de sites d’une haute valeur touristique et autres lieux naturels comme « Ghar Boumaaza » et « Dhayat El ferd », classés dans la convention internationale de Ramsar. Ces zones accueillent chaque année un nombre important d’oiseaux migrateurs parmi les espèces les plus rares et menacés de disparition. Ce site naturel abrite également, la réserve de chasse « Moutas », d’une superficie de
2 000 ha, située sur les hauteurs des monts « Ahfir ». Celle-ci est considérée comme un espace idéal pour la densification du couvert végétal et repeuplement des animaux, grâce au programme de reforestation et de prise en charge qu’assure la direction du parc national de Tlemcen, selon l’ingénieur Miliani Khedidja. Cette spécialiste a souligné que cette réserve, créée en 1983, vise à améliorer les espèces d’oiseaux et œuvre au recensement de certaines espèces animales, menacées par le braconnage et le changement climatique, en plus du déséquilibre de l’écosystème.