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4/12/2013

Tiaret 1962: la marche de Ben Bella vers Alger

Tiaret: la marche de Ben Bella vers Alger / 1962
Ahmed BEN BELLA et Ferhat ABBAS, ancien président du GPRA rallié à BEN BELLA quittent Tiaret où BEN BELLA séjournait depuis son retour en Algérie pour Alger où le GPRA est en conflit ouvert avec le...








La Région de frenda et ain kermes et la révolution algerienne










La Région de frenda et ain kermes et la révolution algerienne

Dans la zone VII la ville qui a connu le plus grand nombre d'incursion de l'ALN est bel et bien la ville de Frenda (...) Les batailles deviennent célèbres dans cette région. Elles portent les noms de "Mahboula" "El Gaada" "Boughachoua", Tarnanèch et Djeblia."

L'embuscade du 19 Janvier 1957

(...)"Dans l'après midi du 19 janvier 1957 le préfet de Tiaret, le sous préfet et le maire de Trezel (Sougueur) et le colonel de la subdivision militaire quittent Frenda en direction de Tiaret. Les trois véhicules officiels sont précédés de Jeep militaires et suivies de voitures ayant à son bord 04 gendarmes. Après avoir franchi le lieu dit "Fontaine du génie" à 05 kilomètres de Louhou le convoi tombe dans une embuscade de l'ALN .Les premiers véhicules échappent aux tirs du groupe des Djounoud. Les deux Jeep essuyèrent les balles et continuèrent à rouler(...). C'est la dernière voiture du convoi qui connaîtra les tirs précis de l'ALN Bilan : Deux gendarmes tués et deux autres blessés."

Les premiers assauts de L'ALN

"Le 20 juin 1957 : L'ALN attaque les casernes de la brigade et de la section de gendarmerie: Bilan deux européens tués. Le 06 juillet 1957 : Harcèlement de la brigade de gendarmerie de Ain Kermès. Le 27 juillet 1957 : Multiplication des incursions des commandos de l'ALN sur les locaux de la gendarmerie."

La riposte des forces coloniales

"En août 1957 la ville est passée au crible 6.500 algériens de la ville de Frenda furent interpellés et contrôlés. Cette opération de répression se solde par une cinquantaine d'arrestations. L'armée française frappe impitoyablement les civils"
Le sous préfet de Frenda est tué dans une embuscade

"Le 15 août 1957 l'ALN attaque le véhicule qui transportait le nouveau sous préfet* de Frenda et son administrateur venant de Ain El Hadid.(...) Le sous préfet qui était en fonction depuis trois jours seulement fut tué sur le coup et son administrateur blessé." *TARTAS Robert - né le 19 avril 1923 à Campagne- d'Armagnac (Gers) décédé à l'âge de 34 ans

Reprise des incursions de l'ALN

"Le 13 septembre 1957 la ville est harcelée par les commandos qui en se repliants sabote les lignes électriques. Octobre 1957, le centre de Ain El Hadid est attaqué par l'ALN qui se replient après avoir saboté quelques installations. Le 06 janvier 1958 la ville est harcelé par les feux de l'ALN. Le 21 avril 1958 les éléments de l'ALN attaquent avec force le centre Frenda"

Les six martyrs de Ramadan

"Le 07 avril 1958 la ville de Frenda connaît une atroce tuerie qui plonge ses habitants dans la consternation. Six algériens sont enlevés et assassinés à la suite d'un attentat commis contre un élu Algérien.(...)

Acte 1 : Le ramadan est à son septième jour, au moment de la rupture du jeun, deux gendarmes font irruption à l'nterieur du domicile et demandent à ALALFI Ahmed (cadre de l'UDMA et FLN par la suite) de les suivre, son fils adoptif Rayeh Nacer demande à l'accompagner.

Acte 2 : Assassinat par balles à proximité du pont qui se trouve à la sortie Ouest de Frenda de ALALFI AHMED Rayah Nacer et Bouchouihet Amar fellah dont le domicile servait de refuge aux katibas de l'ALN

Acte 3 : Maghrous Djilali (Ayant servi dans les rangs du PPA-MTLD) Mostefaoui Boutaiba (Fidai très actif) et Rabah Rabah (fellah dont le domicile servait de refuge aux katibas de l'ALN) ont été assassinés par l'armée française au niveau de l'intersection des routes menant l'une vers Tiaret et l'autre à Ain Kermès.

L'enterrement des six martyrs se déroule dans l'après midi du 08 avril dans l'émotion et le recueillement, sous la surveillance d'une armée coloniale qui venait de commettre la veille, l'ignoble forfait."


L'auteur :Amar Belkhodja

4/11/2013

Quelque mosquées de la ville Ain kermès

Ancien église date des année 1922 transformer a une mosquée durant les année  1979


Ain kermès rue capitan ci Boucif


Ain kermès sous la neige 

la mosquée de aatiq avant les transformation

mosquée du centre ville Ain kermès imam Malek




L'émir Abd El-Kader



L'émir Abd El-Kader) (né en 1808 près de Mascara en Algérie - décédé le 24 mai 1883 à Damas Syrie), est un théologien soufi algérien, également écrivain poète et philosophe, homme politique et résistant militaire face l'armée coloniale française. Il se trouve aussi être un ami de Napoléon

Abd el-Kader Ibn Muhyi-Din El Hassani , né en 1808 à la Guetna de l’oued al-Hammam, à l’Ouest de Mascara ( Algérie).Il  appartenait à une famille d’origine chérifienne qui dirigeait une zawaya  des kadiriyya. L’éducation religieuse qu’il reçut fit de lui un musulman mystique et un théologien. Mais les circonstances le transformèrent en guerrier. Devenu soldat pour défendre la terre d’Islam, sa tentative de créer un État indépendant devait laisser un souvenir prestigieux: il est célébré aujourd’hui comme le fondateur de la nation algérienne. Proclamé «sultan des Arabes» par quelques tribus de l’Oranie le 22 novembre 1832, Abd el-Kader s’imposa par une victoire sur les milices de l’ancien bey turc et mena avec bravoure, pendant quinze ans, la guerre sainte contre les Français.. Abd el-Kader en profita pour étendre son autorité dans les provinces d’Oran, d’Alger, du Titteri et jusque dans le Constantinois afin organiser un État arabe et musulman.Comme son maitre Ibn El Arabi qui quitta sa terre natale El Andalus, Abdel Kader abandonnera l’Algérie; Ibn El Arabi affirme que « tous les chemins sont circulaires » et le parcours entrepris ne conduit jamais qu’a SOI-MEME. Comme toujours El Amir consulta ses proches ainsi que les savants du monde musulman depuis El Azhar jusqu’à Fès:

 comment le Mudjahid peut-il devenir Muhadjir?

L’exile s’impose répondirent les Ulémas lorsque le musulman ne peut plus jouir pleinement de sa foi dans son pays. Son exil en France lui a permis d’organiser sa vie autour des prières rituelles. Il s’occupait de ses enfants et de son entourage. Chaque moment de sa journée était consacré à l’étude de l’Islam. Les visiteurs qui venaient le voir étaient fascinés par sa hauteur de vue, ses connaissances scientifiques et sa curiosité intellectuelle . Tous rendent hommage à son abnégation et à sa grandeur dans l’adversité. L’homme était si grand qu’il s’imposa à l’admiration de ses adversaires, et les Français furent nombreux à lui rendre  un hommage enthousiaste et à le défendre durant une captivité aussi douloureuse qu’imméritée. Idées, sentiments, gestes et actions, tout en lui porte le signe privilégié de la noblesse et de la grandeur. Il est de ces êtres rares, qui, de siècle en siècle, de millénaire en millénaire, offrent au genre humain une idée de la profession, ainsi qu’un modèle exemplaire. Par sa vie, son caractère et ses oeuvres, El Emir Abd-El-Kader honore  son pays sa foi et l’humanité toute entière

       Dans la troisième partie de son existence, qui se déroula tout entière dans le Proche-Orient, de 1852 à 1883, Abd el-Kader se consacra presque exclusivement à l’étude et à la




méditation religieuse. Cette orientation répondait à une vocation profonde; dès sa jeunesse, il avait manifesté le goût de l’oraison et de l’exercice mystique. A Bursa en Turquie, il rédigea un traité de philosophie religieuse à l’usage des chrétiens qu’il intitula « Rappel à l’intelligent, avis à l’indifférent ».  Installé à Damas, où il vécut de 1855 jusqu’à sa mort, il prit figure de maître spirituel: son enseignement y fut recueilli. Une partie de ses propos et de ses commentaires écrits a été publiée sous le titre Le Livre des haltes  (mystiques), très partiellement traduit en français. Cet ouvrage, dont la splendeur littéraire frappe, révèle la profondeur du mysticisme de l’émir. Il s’y affirme disciple d’un des plus grands soufis de l’Islam, Ibn ‘Arabi, le Cheikh al-akbar  (ce qu’on a pu traduire par Doctor maximus  de la gnose islamique). Ainsi s’explique la volonté d’Abd el-Kader d’être inhumé à Damas près de la tombe d’Ibn ‘Arabi.
 

Généalogie de l’Emir Abdelkader
           Abdel Kader ibn Muhyidin, ibn Mostafa,(qui s’est installé définitivement dans la plaine d’Ighriss)  ibn Muhammad, ibn El Mokhtar,ibn abdel Qadi, ibn Ahmed, ibn Muhammad, ibn Abdel-Kaoui, ibn Ali, ibn Ahmed,  ibn Khaled, ibn Yussef, ibn Ahmed, ibn Bachar, ibn Muhammed, ibn Massoud, ibn Taous, ibn Yacoub, ibn Abdelkaoui, ibn Ahmed, ibn Muhammad, ibn Idriss II , ibn Idriss I, ibn Abdallah El Kamel, ibn Hassan El Muthana, ibn Hassan Essabt, ibn Fatima Zahra bint Rassul Allah  
Avant de clore cet essai sur les Chorfas du Maghreb, je tiens à remercier mon ami le Docteur Saissi de Safi (Maroc) qui m’a écrit et encouragé lors de la conception de ce site sur les Ahluelbeit. En reconnaissance je tiens à mentionner dans ce travail l’arbre généalogique de sa famille descendant des Amghar, Maslouhi, Slitine, Bzioui ou Saissi.

Elhassan Saissi, fils de Thami, fils de Lahbib, fils de Abdessallam, fils de Bachir, fils de Abdallah, fils de Mohammed, fils de H'ssaine, fils de Ismail, fils de Abdessallam, fils de Said, fils de Ahmed, fils de Abdallah fils de H'ssaïne fils de Saïd fils de Ibrahim fils de Yahya fils de Ibrahim fils de Mohamed fils de Youssof fils de Youness fils de Idris fils de Abdeljalil fils de Abdallah dit Amghar Saghir fils de Mohamed fils de Ali fils de Adeladim fils de Mohamed Abou Abdallah Amghar Alkabir, fils de Abou Jaâfar Isshak, fils de Ismaïl, fils de Mohamed, fils de Abou Bakr, fils de Ahmed, fils de Houssaïne, fils de Abdallah, fils de Ibrahim, fils de Yahya, fils de Moussa, fils de Abdelkrim, fils de Massôud, fils de Salih, fils de Abdallah, fils de Abderrahmane, fils de Mohamed, fils de Abou Bakr, fils de Tamim, fils de Yassir, fils de Omar, fils de Yahya, fils de Abou Kassim, fils de Abdallah, fils de Idris II, fils de Idris I, fils de Abdallah Alkamil, fils de Alhassan Almouttana, fils de Alhassan, fils de Ali et Fatima-azzahra, fille du prophète Sidna Mohammed.( Que la paix et la bénédiction soit sur lui)
  Conclusion 
 Ce travail reste incomplet vu la nombreuse descendance du prophète, mais il nous semble qu’il a pour mérite de donner un aperçu sur la répartition géographique des « Chorfas » Hassanien dans le Maghreb Arabe.
L’arrivée d’Idris premier  à Wallilah ( Zerhoun) a eu surtout des conséquences positives et des suites heureuses quant à la répartition de la descendance du Prophète
  Grâce à ce transfert de la descendance chérifienne d’Orient vers l’occident, l’expansion de l’Islam a pu se réaliser d’une manière certaine aussi bien en Afrique qu’en Europe et maintenant nous assistons à son expansion dans les pays Anglo-saxons . En ce troisième millénaire, la postérité de notre Prophète Muhammad reste très active à travers le monde, surtout au Maroc ou sa majesté le jeune roi Muhammad VI avec l’appui de toute sa famille, reste attaché au message tracé par ses ancêtres descendants de Ali et de Lalla Fatima Bent Rassul Allah le Prophète Muhammad

Hommage à Ferhat Abbas Président du GPRA


Hommage à Ferhat Abbas Président du GPRA
Lors qu’en septembre 1992, au moment fort où le gouvernement de l’époque préconisait l’économie de guerre et le retour au tout Etat appuyé par des intellectuels organiques aux ordres selon l’expression de Antonio GRAMSCI , nous avons décidé de fonder l’Association Algérienne de développement de l’Economie de Marché ADEM avec des cadres, des universitaires et des opérateurs publics et privés de l’Est, du Centre, de l’Ouest et du Sud.

Avant le dépôt de notre agrément au Ministère de l’Intérieur, l’ensemble des adhérents ont décidé en préface de notre programme largement diffusé en langue nationale, en français et en anglais entre 1993/1995 au niveau national et ce grâce à la presse indépendante naissante à cette époque de choisir une personnalité algérienne comme symbole de notre action. Le choix s’est porté sans aucune hésitation sur Ferhat Abbas (1899 – 1985) de son vrai nom Ferhat Mekki Abbas né a Taher wilaya de Jijel, le 24 août 1899 dans la petite Kabylie. Lors d’une large tournée dans les universités algériennes, aux Etats Unis d’Amérique et en Europe lors de différentes conférences j’ai tenu , au nom de notre organisation, à lui rendre un vibrant hommage et ce pour trois raisons essentielles :
I. Premièrement c’est un militant de la première heure de la cause nationale. Diplômé docteur en pharmacie en 1933, il s’établit à Sétif où il devient rapidement une importante figure politique en devenant conseiller général en 1934, conseiller municipal en 1935 puis délégué financier. Il adhère à la « Fédération des élus des musulmans du département de Constantine » en tant que journaliste au sein de son organe de presse, l’hebdomadaire. Il devient le promoteur de l’Amicale des étudiants musulmans d’Afrique du Nord, dont il est vice-président en 1926-1927, puis président de 1927 à 1931, date à laquelle il transforme l’amicale en association. Il est également élu vice-président de l’UNEF lors du Congrès d’Alger de 1930. Le 14 mars 1944 il crée l’association des Amis du manifeste de la liberté (AML) soutenu par le cheikh Brahimi de l’Association des oulémas et Messali Hadj. En septembre 1944, il crée l’hebdomadaire Égalité (avec pour sous-titre Égalité des hommes – Égalité des races – Égalité des peuples). Au lendemain des émeutes de Sétif de mai 1945, tenu pour responsable, il est arrêté et l’AML est dissoute. Libéré en 1946, Ferhat Abbas fonde l’Union démocratique du manifeste algérien (UDMA). En juin, le parti obtient 11 des 13 sièges du deuxième collège à la seconde Assemblée constituante et Ferhat Abbas est élu député de Sétif. Après le refus à deux reprises de son projet sur le statut de l’Algérie, il démissionne de l’assemblée en 1947. Il lance le 1er novembre 1954 les premières actions armées qui marquent le début de la « révolution algérienne ». Dès le 20 août 1956, à l’issue du congrès de la Soummam, il devient membre titulaire du CNRA (Conseil national de la révolution algérienne), puis entre au CCE (Comité de coordination et d’exécution) en 1957. Ferhat Abbas devient ensuite président du premier Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA) à sa création le 19 septembre 1958, puis du second GPRA, élu par le CNRA en janvier 1960 et démissionne le 15 septembre 1963 pour essentiellement des raisons d’option à la fois politiques et économiques.
II. Deuxièmement c’était un intellectuel., qui croyait fermement au primat de la connaissance sur la distribution de la rente , auteur de nombreux ouvrages et publications
nationales et internationales dont « Le Jeune Algérien dont il dénonce notamment 100 ans de colonisation française où il insiste sur l’algérianité. Je le cite : « Nous sommes chez nous. Nous ne pouvons aller ailleurs. C’est cette terre qui a nourri nos ancêtres, c’est cette terre qui nourrira nos enfants. Libres ou esclaves, elle nous appartient, nous lui appartenons et elle ne voudra pas nous laisser périr. L’Algérie ne peut vivre sans nous. Nous ne pouvons vivre sans elle. Celui qui rêve à notre avenir comme à celui des Peaux-Rouges d’Amérique se trompe. Ce sont les Arabo-berbères qui ont fixé, il y a quatorze siècles, le destin de l’Algérie. Ce destin ne pourra pas demain s’accomplir sans eux ». Dans la même trajectoire, il a publié « J’accuse l’Europe », Libération, Alger, 1944 ; « Guerre et révolution I » ; « La nuit coloniale » Julliard, Paris, 1962.

III. La troisième raison est que c’est le premier défenseur algérien de l’économie libre, l’économie de marché à vocation sociale. Il était contre un capitalisme sauvage devant lier l’efficacité économique e tune profonde justice sociale et pour un Etat régulateur fort mais fort par la démocratie c’est-à-dire par la concertation et la participation des citoyens à la gestion de la Cité, intégrant la femme signe de la vitalité de toute société, existant des liens dialectiques entre les libertés politiques, économiques et sociales sans renier notre authenticité. Ce que l’on appelle aujourd’hui bonne gouvernance. C’était un démocrate convaincu qui lui vaudra un emprisonnement à Adrar entre 1963 et mai 1965, assigné à résidence entre mars 1976 et le 13 juin 1978. Dans son ouvrage en 1980, il publie ses mémoires dans « Autopsie d’une guerre » puis en 1984, dans « l’Indépendance confisquée », il dénonce la bureaucratisation de la société et la corruption. Or nous sommes en fin décembre 2010 et ce sont toujours ces problèmes qui font l’actualité en Algérie.
Pour l’ensemble de ces raisons l’ADEM tient à rend un grand hommage à ce grand patriote et intellectuel qui nous a inspiré.

4/10/2013

Kadda Boutarene (1907-1996)


Kadda Boutarene (1907-1996)
Né le 19 juin 1907 à El Bayadh (anciennement Géryville), Kadda Boutarène, orphelin de père à 7 ans est élevé dans une famille très modeste. Fils de Mohamed Belhadj et Dahmani Oum Khélifa.

Après avoir fréquenté l’école primaire dans sa ville natale et le cours complémentaire à Mascara, il achève ses études à l’école normale d’instituteurs de Bouzareah Alger en 1927 et commence alors une carrière d'enseignant à Brézina qu’il poursuivra à El Bayadh et Ghassoul.

De part ses activités politiques et syndicales et ses prises de position hostiles, l’administration l’affecte à Mostaganem où il présidera la section du congrès musulman.

Dès lors, les autorités coloniales remarquent ses activités politiques et particulièrement pendant la seconde guerre mondiale et le soumettent à une sévère surveillance et tentent de le neutraliser. C’est ainsi qu’il fait l’objet d’une série de déplacements et d’assignations à résidence notamment à Telagh, Ghriss et à El-Ghitoun (frontière algéro-tunisienne).

C’est dans ces conditions qu’il arrive à Tiaret en 1943 où il est responsable du mouvement des « Amis du manifeste et de la liberté » (AML) et participe dans cette ville et les la région de frenda .ain kermes à l’organisation des manifestations du 08 mai 1945 ce qui entraîne son arrestation.


Après sa libération, en 1946 il est membre fondateur sous la présidence de Ferhat Abbes du parti de l’Union démocratique du manifeste algérien (UDMA) et dirige la section locale de Tiaret. C’est sous cette étiquette, qu’il est élu adjoint au maire de Tiaret, député à l’assemblée constituante en 1946, délégué à l'assemblée algérienne et conseiller général.

Suite au déclenchement de la glorieuse révolution du 1er novembre 1954, il rejoint les rangs du FLN en 1955. Il crée alors en compagnie d’autres militants notamment Kaid Ahmed son adjoint, la première cellule FLN à Tiaret.

A partir de 1956 après avoir échappé aux forces coloniales, il active au sein de la Fédération de France avant de rejoindre le Maroc où il est intégré dans les réseaux de résistance. Il est d’abord responsable fédéral avant de prendre la direction du service de presse et de propagande. A ce titre il est responsable des émissions de radio, de la rédaction du journal « El-Moudjahid » et participe à la création de l’agence de presse « APS ».

Ensuite il est membre du cabinet du président Ferhat Abbes et il effectue différentes missions à travers le monde, notamment en Amérique latine et aux États-Unis durant 9 mois afin de faire connaître à l’opinion internationale la question algérienne.

A l’indépendance, il est le premier président de la délégation spéciale à Tiaret et le 26 octobre 1962, il nommé préfet d’Orléansville (actuellement Chlef), en remplacement de M. Issaad Ouali, avant d’être muté dans les même fonctions à Annaba.

Appelé à servir au ministère de l’intérieur, il occupera différentes fonctions au cabinet du défunt Ahmed Medeghri avant de faire valoir ses droits à la retraite en 1969 avec le sentiment du devoir accompli.

Les années de retraite, il les consacre à l’écriture et publie plusieurs ouvrages dont la série autobiographique des « Kaddour », (édité par la SNED et l'ENAL), un recueil de « proverbes et dictons populaires algériens » édité en 1985 et réédité en 2002 par OPU, muni d'un commentaire dans deux éditions l'une en langue nationale et la seconde en langue française et un roman "Dléla et si-Azzouz", édité par Office des Publications Universitaires (OPU) en 2002.

Kadda Boutarène s’éteindra sereinement au milieu des siens à Alger le 1er octobre 1996 à l’âge de 89 ans.

Il a été décoré de l’Ordre du mérite des Arts et des Lettres pour l’ensemble de son œuvre littéraire.

A titre posthume, il lui a été décerné le 09 juillet 1999, par le président Abdelaziz Bouteflika, la Médaille de l’Ordre du mérite rang Athir/promotion Houari Boumediene.

4/08/2013

TIN-HINAN, REINE DES TOUAREGS



En 1925, à Abalessa, ancienne capitale du Hoggar, des archéologues ont découvert un caveau où se trouvait un squelette de femme bien conservé, ainsi qu’un mobilier funéraire, des bijoux en or et en argent et des pièces de monnaie à l’effigie de l’empereur romain Constantin. Ils définirent cette tombe, datée du IVe ou du Ve siècle, comme étant celle de Tin-Hinan, l’ancêtre des Touareg.




La découverte a fait rêver bien des chercheurs et des écrivains. Nous essayerons, sur leurs traces, d’évoquer cette figure de femme que les Touareg nomment « Notre mère à tous ».


Tin-Hinan, cette femme énigmatique, dont l’existence nous a été révélée par la tradition orale et dont le nom voudrait dire « celle qui vient de loin » ou « celle qui se déplace », aurait été la mère fondatrice du peuple targui. A travers les récits et les chants véhiculés par ses descendants, les hommes du désert, on peut retrouver son image : « Une femme irrésistiblement belle, grande, au visage sans défaut, au teint clair, aux yeux immenses et ardents, au nez fin, l’ensemble évoquant à la fois la beauté et l’autorité ».
Lorsqu’elle est arrivée dans le Hoggar, « elle venait de loin », indique son nom. Les chercheurs ont localisé cette origine chez les Bérâbers (Berbères) du Tafilalet, une contrée présaharienne du sud marocain qui devait être plus verdoyante qu’aujourd’hui.
Pourquoi quitta-t-elle ces lieux ? Personne ne peut le dire. Alors rêvons un peu et regardons la situation de la région au cours de ces années lointaines. Au IVe siècle, le nord de l’Afrique, et en particulier la Numidie, est dominée par la puissance romaine qui a adopté la religion chrétienne à laquelle s’est converti l’empereur Constantin. Cette Numidie, dont le nom pourrait venir de nomade, est alors le théâtre de révoltes contre le pouvoir romain. Diverses tribus circulent entre la côte méditerranéenne et les régions plus au sud, colportant non seulement des produits divers mais aussi des informations. Quelques membres de la tribu marocaine des Bérâbers, avec Tin-Hinan, ont-ils quitté la région pour des raisons de conviction ou de politique ? Première hypothèse.
Autre hypothèse : un conflit personnel au sein de la famille ou de la tribu qui aurait incité Tin-Hinan à fuir loin de son milieu d’origine. Une femme intelligente, une femme d’autorité qui prend la décision de partir... pourquoi pas ?


Deux femmes dans le désert

Ce que l’on sait, grâce à la tradition orale rapportée par le Père de Foucault qui l’a recueillie dans le Hoggar, c’est qu’elle ne fut pas seule à faire le trajet mais qu’elle se rendit dans ce haut massif du Sahara algérien en compagnie d’une servante nommée Takamat. Ces deux femmes étaient-elle accompagnées d’hommes pour ce voyage aventureux ? Rien ne le dit mais c’est vraisemblable. Traverser le Sahara était une aventure périlleuse, même si ce désert brûlant, dont le nom en arabe signifie le Fauve, connaissait un climat moins aride qu’aujourd’hui. Les vallées, les plaines, les squelettes de rivières, témoignent qu’une réelle végétation existait autrefois, tandis que les peintures rupestres indiquent que des chevaux y circulaient et que les chasseurs y trouvaient du gibier.
Imaginons ces deux femmes effectuant leur trajet à travers le désert. Sans doute ont-elles une monture : dromadaire, cheval, âne ( ?) qui leur permet d’éviter de trop grandes fatigues et quelques bêtes comme des moutons et des chèvres qui leur offrent le lait et la nourriture dont elles ont besoin. Comment auraient-elles pu survivre sinon ? On sait que le dromadaire a fait son apparition en Afrique au IIe siècle, venant de Libye, et que sa résistance permettant de longues marches a transformé la vie des nomades. Dans le Tafilalet et notamment à Sijilmasa, grand lieu de rencontres commerciales, les caravanes chamelières faisaient halte. Bien que les Touaregs disent n’avoir connu le dromadaire qu’après leur arrivée dans le Hoggar, il est possible que pour ce voyage, Tin-Hinan ait utilisé un de ces vaisseaux du désert dont le pas lent et sûr inspire confiance et qui reste encore de nos jours pour les Touareg, leur moyen de transport favori, leur monnaie d’échange, l’insigne de leur richesse.
« J’ai pris ma longe et ma cravache au cuir tanné
et, voulant fuir ce lieu avant la fin du jour, j’ai saisi mon chameau.
Jusqu'à ce que s’apaise le vent d’après l’orage, il avait pâturé en un lieu agréable
où l’herbe d’emshéken était entremêlée de pousses d’ämämmän.
J’ai attaché ma selle ornée d’embouts de cuivre, qu’a fabriqué pour moi un artisan habile, douce pour la monture et pour le méhariste... » (poème targui).


Tin-Hinan consulte le ciel

On trouve, dans les peintures rupestres du Sahara, la trace d’une « route des chars » très ancienne, dont le trajet permet de trouver des mares, des puisards ou des oueds. La petite cohorte de Tin-Hinan a dû l’emprunter pour se procurer cette denrée rare, l’eau, dont un proverbe dit : aman iman, « l’eau, c’est l’âme ». Les voilà donc suivant ce tracé. Les jours passent, lentement. Parfois, la petite troupe aperçoit quelques nomades, pillards possibles, qu’elle évite soigneusement. Les heures de la journée sont chaudes et les voyageurs du désert qui subissent la brûlure du ciel accueillent la nuit avec soulagement. La pause du soir est bienvenue, surtout si elle se situe près d’un point d’eau et d’un pâturage. Les outres se remplissent et les bêtes se régalent. Il faut faire vite car l’obscurité tombe d’un seul coup. Tin-Hinan connaît les principales étoiles, elle consulte le ciel pour trouver sa future direction. On dresse une tente faite de peaux de chèvres tendues sur des arceaux. Le repas est frugal : une bouillie de farine mélangée au lait que l’on vient de traire.
Un jour, enfin, le sable s’estompe et la roche granitique, surmontée de crêtes et de pitons, apparaît. Il faut contourner les montagnes, se faufiler dans les vallées, trouver les trous qui ont conservé l’eau de pluie, et surtout faire manger les animaux. Région magnifique, mais aride et difficile. Pourtant, c’est là que Tin-Hinan s’installe. L’oasis d’Abessala, près de Tamanrasset, lui offre l’hospitalité de ses eaux et de ses pâturages. Y rencontra-t-elle d’autres habitants ? D’après Henri Lhote, qui a écrit de nombreux ouvrages sur l’Ahaggar (Hoggar), le pays aurait connu une population nombreuse, attestée par les palmeraies de Silet et d’Ennedid et des puits creusés avant l’arrivée de Tin-Hinan. Cette population noire, les Isebeten, ayant presqu’entièrement disparue, Tin-Hinan n’aurait pas eu besoin de se battre pour conquérir ces lieux devenus inhabités.
Que se passa-t-il dans les années qui suivirent cette installation dans le Hoggar ? Qui fut le père des enfants de Tin-Hinan ? Un compagnon venu avec elle du Tafilalet ? Un noble voyageur originaire de Libye ou d’Egypte ? Ou simplement un survivant de ces habitants qui occupait les lieux précédemment ? Le nom de ce « père » n’est pas resté dans les récits véhiculés par la tradition. Mais, chez les Touareg, la femme jouit d’un statut privilégié et le matriarcat est de règle, ainsi donc, n’est retenue que la descendance féminine.


« L’antimoine enténèbre ses paupières sombres »

D’après la légende, Tin-Hinan aurait eu trois filles : Tinert, l’antilope, ancêtre des Inemba ; Tahenkot, la gazelle, ancêtre des Kel Rela ; Tamérouelt, la hase, ancêtre des Iboglân.
De son côté Takama, la servante, aurait eu deux filles qui reçurent en cadeau de Tin-Hinan les palmeraies de la région que possèdent toujours leurs descendants.
Les voilà donc installées dans l’oasis d’Abalessa. Les tentes blanches se dressent dans ce paysage dominé par le haut massif de l’Atakor. La beauté des paysages, le silence de la nuit, le vent dans les montagnes n’a pu qu’inspirer ces nouveaux venus dans la région. Le tobol (tambour) et l’amzad (violon monocorde) étaient-ils déjà présents à l’époque de Tin-Hinan ? On peut imaginer que cette femme de caractère avait aussi le goût de la musique et de la poésie, tout comme ses descendants et, qu’autour du feu, les habitants du campement montraient leurs dons en ces matières.
Chantez, choristes, chantez pour les jeunes gens !
l’antimoine enténèbre ses paupières déjà si sombres, elle a rehaussé ses sourcils,
elle a orné ses joues de taches claires, pareilles aux Pleïades
Gaïsha, la chanteuse, que se passe-t-il ?
Frappe des mains plus ardemment, frappe le tambourin ! (poésie targuia)
Tin-Hinan est l’amenokal (possesseur du pays), la reine de ce petit peuple en voie de création. Est-elle, comme le raconte une légende, à l’origine d’une ancienne écriture touarègue, le tifinagh, que l’on a trouvé ici et là gravée sur des pierres ? Ces signes, composés de bâtons (des jambes d’animaux ?) et d’ idéogrammes ronds (visages, soleil, astres ?) servirent-ils de repères pour marquer les routes du désert ? Le mystère n’est pas élucidé.
Si l’on en juge par les découvertes faites au début du XXe siècle, les nouveaux arrivants auraient trouvé à Abelassa un fortin témoignant d’une occupation militaire romaine avec un certain nombre de pièces ayant servi de chambres et de magasins. C’est dans une de ces cavités que Tin-Hinan sera plus tard enterrée et que la mission conduite par M. Reygasse, directeur du musée du Bardo à Alger, la découvrira en 1925.


De Tin-Hinan à la troublante Antinéa

D’après sa description, elle reposait sur un lit sculpté et portait des bracelets d’or et d’argent. A proximité des chevilles, du cou et de la ceinture, s’éparpillaient des perles en cornaline, agate et amazonite. Une écuelle de bois portait la trace d’une pièce à l’effigie de l’empereur Constantin. Ces objets ainsi que le mobilier témoignent des relations qui ont pu se nouer entre les habitants de l’oasis et les voyageurs venus de l’Orient. Tin-Hinan a donc été capable, non seulement de faire ce voyage à travers le Sahara mais aussi de créer les conditions de vie dans les lieux et de nouer des relations commerciales nécessaires à l’enrichissement du peuple né de sa descendance.
Les Touareg de l’Ahaggar ont donc naturellement conservé le souvenir de cette femme remarquable, et leurs récits, recueillis par le père de Foucault qui vécut en ermite à Tamanrasset au début du XXe siècle, inspira le romancier français Pierre Benoît qui, dans L’Atlantide publié en 1920, met en scène un jeune militaire rencontrant Antinea, une femme énigmatique qui règne sur le Hoggar. « Antinéa ! Chaque fois que je l’ai revue, je me suis demandé si je l’avais bien regardée alors, troublé comme je l’étais, tellement, chaque fois, je la trouvais plus belle.... Le klaft égyptien descendait sur ses abondantes boucles bleues à force d’être noires. Les deux pointes de la lourde étoffe dorée atteignaient les frêles hanches. Autour du petit front bombé et têtu, l’uraeus d’or s’enroulait, aux yeux d’émeraude, dardant au-dessus de la tête de la jeune femme sa double langue de rubis. Elle avait une tunique de voile noir glacé d’or, très légère, très ample, resserrée à peine par une écharpe de mousseline blanche, brodée d’iris en perles noires. Tel était le costume d’Antinéa... »
L’imaginaire de Pierre Benoît nous conduit loin de la réalité et, pour retrouver l’ancêtre des Touareg, il est préférable de lire des ouvrages scientifiques modernes, mais dans ceux-ci la trace de Tin-Hinan est bien mince. Tin-Hinan reste donc une reine de légende qui préfigure la femme moderne, capable de créer la vie et de gérer le bien public. C’est ainsi que les Touareg nous ont transmis son image. C’est ainsi que nous avons tenté de la faire revivre.


Texte de Jacqueline Sorel (avec la collaboration de Simonne Pierron)