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6/22/2017

Tiaret : Algérie Poste renforce son réseau


Après avoir longtemps essuyé des critiques tant de la part des usagers que des autorités elles-mêmes, la direction d’Algérie Poste tente de remédier à ses lacunes à travers un ambitieux programme de réhabilitation et subséquemment de celui destiné à élargir sa présence sur le territoire de la wilaya.

Déjà à travers les 79 bureaux disséminés sur les quatorze daïras, dont 12 bureaux de poste au niveau du seul chef-lieu de wilaya, Algérie Poste compte, selon son directeur, Kadda Lariche, ouvrir trois nouvelles agences à Torriche, relevant de la commune d’Oued-Lili, sur PCD (Plan communal de développement), un 2e bureau à Aïn Kermès, au sud-est de la wilaya, ainsi qu’à Medrissa. 
Quatre autres localités des plus déshéritées, soit Tidda, Sebt, Sidi Ali Mellal et Rosfa, sont concernées par des projets de réhabilitation de leurs structures postales qui ne répondent pas aux normes de travail en vigueur.
Egrenant sa feuille de route, le jeune directeur d’Algérie Poste dit que «son administration s’affaire à finaliser les dossiers de réhabilitation de trois autres bureaux à Tiaret (dans la banlieue Karman et cité Bouhenni) ainsi qu’à Naïma». 

Pour le programme 2017, il est prévu, souligne notre interlocuteur, «la réhabilitation et la modernisation des agences postales de la cité Chaib Mohamed, Tiaret-Tahri et Tiaret-Mohamed Boudiaf». D’autres communes et localités suivront, comme Sougueur-Safa, Tazeka à Takhemret, Dahmouni, Aïn Meriem et Chehaïma.
Jusqu’alors, la densité par rapport à la population est estimée à un bureau pour 11 500 usagers ; soit au-dessous de la norme nationale établie à 1 pour 9000 habitants. Tournant avec un effectif pour le moins réduit de 359 employés (encadrement technique et administratif compris), Algérie Poste tente de soigner ses prestations si l’on en juge par le nombre de 16 nouveaux GAB (distributeur automatique de billets) en cours d’installation.
Ces derniers porteront à 37 le nombre d’appareils mis à la disposition des usagers, d’autant qu’une nouvelle offre concernant le paiement électronique est entrée en fonction. 13 000 demandeurs de cartes magnétiques de paiement en ligne ont été enregistrés en peu de temps. 
L’entrain est de mise et d’aucuns parient sur une meilleur qualité de service par rapport aux réclamations nombreuses jusque-là faites à ce sujet.
Seul bémol à ce tableau : Algérie Poste ne dispose pas d’une direction à la hauteur de la réputation taillée des décennies durant.
Une proposition a été néanmoins faite au chef de l’exécutif. Il s’agit de la demande de cession d’une partie des locaux situés route des Frères Kaïdi. Cette imposante structure réalisée initialement au profit des jeunes est inexploitée, et, bien que très bien située, mérite une meilleure destination.
                  
A. F.

Casbah, Alger : L’âne, « camion-poubelle » de la depuis cinq siècles


Sans ses ânes, la Casbah d’Alger, cité millénaire classée par l’Unesco au patrimoine mondial de l’Humanité, croulerait sous les ordures, ses ruelles étroites, sinueuses et parsemées d’escaliers empêchant l’accès de tout véhicule. Dès l’aube, la dizaine d’éboueurs de la Casbah enfilent leurs combinaisons vertes aux couleurs de Netcom – l’entreprise publique chargée de la propreté d’Alger – et sanglent aux flancs des ânes les “chouaris”, grands paniers en alfa (sorte de jonc nord-africain) qu’ils fabriquent eux-mêmes. Puis, ils gravissent en procession les longs escaliers menant à Bab J’did, une des portes de la vieille ville. Après cette première ascension, les équipes se séparent et chaque éboueur entame son circuit, précédé d’un ou deux baudets qui connaissent le chemin par coeur. Hommes et bêtes sillonnent les ruelles escarpées, grimpant et descendant les raides escaliers interminables de cette médina bâtie au Xe siècle sous les Zirides, dynastie d’origine berbère qui régnait alors sur la majorité du Maghreb. S’étendant sur 105 hectares, la Casbah est un enchevêtrement de maisons construites dans une forte pente de 118 m de dénivelé. Certaines habitations qui menacent de tomber en ruines sont soutenues par d’imposantes poutres en bois ou en métal. Les éboueurs ramassent les ordures à la pelle ou à la main et les tassent dans les “chouaris”. Une fois ceux-ci remplis, l’âne – qui peut porter jusqu’à 50 kilos d’ordures – les remonte en haut de la Casbah, d’où ils sont déversés dans un camionbenne.
Par tous les temps 
Qu’il pleuve, qu’il vente ou que la chaleur soit caniculaire, “l’Unité de cavalerie de la Casbah” – son nom officiel – travaille sept jours sur sept. Plus de deux tonnes de déchets sont évacuées chaque jour par les éboueurs et leurs baudets, dont l’usage remonte à l’arrivée des Ottomans à Alger au XVIe siècle. Mais à peine sont-ils passés que de nouveaux déchets s’entassent dans les ruelles. “Il nous arrive de faire dix tournées” par jour, raconte en soupirant Amer Moussa, cheveux poivre et sel et yeux noirs, qui attend sa retraite avec impatience. Plus que par la tâche rendue harassante par la configuration de la Casbah, cet éboueur de 57 ans au visage marqué par le temps se dit fatigué de l’incivisme: ordures jetées n’importe où, n’importe comment et à n’importe quelle heure; gravats ou vieux meubles abandonnés avec les ordures ménagères. De petits terrains vagues où se dressaient autrefois des bâtisses sont devenus des mini-décharges prisées par des légions de chats de gouttière. Kadour Hanafi, cadre de Netcom et lui-même ancien éboueur de la Casbah, regrette que certains Casbadjis — nom des habitants de la Casbah— regardent les “boueux” avec mépris. Les éboueurs, eux, se disent blessés des mauvaises plaisanteries – toujours les mêmes – entendues à leur passage: “Tiens, un âne qui en accompagne un autre” et ses multiples variantes. D’autant que l’âne est toujours très précieux dans de nombreuses régions montagneuses d’Algérie. En Europe, quelques villes et villages l’ont aussi choisi pour ramasser les déchets, pour des raisons écologiques car il pollue moins qu’un camion, comme Castelbueno en Sicile, ou en raison d’accès difficiles comme à Faux-la- Montagne, dans le centre de la France.
Nostalgie 
Vêtu d’un “bleu de Shanghaï”, costume de toile épaisse prisé des Casbadjis, Abdellah Khenfoussi, un des responsables de Netcom en charge de la Casbah, se remémore avec nostalgie l’époque où les pavés de la médina, où il est né et vit toujours, étaient lavés tous les matins par ses habitants. Fatma, 74 ans, drapée dans un haïk – longue étoffe blanche traditionnelle des Algéroises – peste elle aussi contre la progression de la saleté dans la Casbah. “Avant, c’était propre. On se connaissait tous et on s’entraidait pour nettoyer. La plupart des vrais habitants de la Casbah l’ont quittée et les nouveaux venus ne connaissent pas sa valeur” historique, regrette cette habitante du quartier, qui fut en 1957 le coeur de la bataille d’Alger durant la guerre d’indépendance contre la France (1954- 1962). Après sept à huit heures de montées et de descentes, épuisantes pour l’éboueur et l’âne, l’équipe du matin rentre aux écuries. Une seconde prend le relais l’après-midi. Tout au long de la journée, quiconque passe dans la Casbah croise ces animaux, qui font partie du décor. L’Unité de cavalerie de la Casbah compte 52 ânes. Netcom les achète selon des procédures d’appel d’offres similaires à celles de ses camions, explique Nassima Yakoubi, chargée de communication de l’entreprise. Les équidés doivent avoir une bonne constitution physique, mesurer plus de 1,15 mètre et peser plus de 100 kg. Ils prennent du service quand ils sont âgés de quatre à huit ans et peuvent travailler plus d’une vingtaine d’années. Les ânes pourraient alors espérer une retraite bien méritée. Mais ils termineront leur vie au zoo d’Alger: non comme pensionnaires mais comme nourriture des lions et autres carnivores, se désolent les éboueurs…

Tribune des lecteurs

6/19/2017

Tiaret: Une «journée nationale» pour l'attribution des logements


Le ministre de l'Habitat, de l'Urbanisme et de la Ville, M. Youcef Chorfa, a indiqué, samedi depuis la ville de Tiaret, que le dossier des souscripteurs AADL de 2001 et 2002 «sera clos en 2017 à travers l'ensemble du territoire national», annonçant la distribution progressive, à partir de cette année, des logements AADL aux souscripteurs de 2013. 

Le ministre s'est, d'abord, rendu dans la nouvelle ville de Zmala, sur les hauteurs de la ville, accompagné du wali, responsables et élus locaux. 

Sur place, le membre du gouvernement a inspecté le chantier des 1 900 logements sociaux, avant d'assister à un exposé sur le secteur de l'habitat, de l'urbanisme et les différents plans directeurs d'aménagement et d'urbanisme (PDAU) en cours de réalisation dans la capitale des Hauts-Plateaux de l'Ouest. 

Le membre du gouvernement a, ensuite, assisté à la pose de la première pierre pour la réalisation d'un groupe scolaire de 4 écoles au niveau de la nouvelle ville de Zmala, où sont également construits 1 500 logements ADDL, 2 000 logements de type social locatif et 218 logements promotionnels publics (LPP). 

Le ministre s'est, ensuite, rendu dans la partie méridionale de la ville de Tiaret, où il a inspecté le projet de réalisation de 1 000 logements sociaux. Dans la commune de Mellakou, Youcef Chorfa a présidé une cérémonie de distribution des clefs aux bénéficiaires de 1 050 logements sociaux, répartis sur le territoire de la wilaya. 

A Tousnina, le ministre de l'Habitat a inspecté le projet de réalisation d'un lycée et procédé à la distribution des clefs à 140 bénéficiaires de logements sociaux. Par ailleurs, le ministre a annoncé qu'une journée nationale d'attribution de logements tous programmes confondus sera programmée à l'occasion de la fête de l'Indépendance, pour la réjouissance des citoyens. 

Il a indiqué que de nombreux logements réalisés à travers le pays seront distribués à l'occasion de la fête de l'Indépendance, soulignant qu'une journée nationale sera consacrée à cette opération. 

Par ailleurs, Youcef Chorfa a exhorté les directions de l'Habitat et l'OPGI à travers le pays à régler le problème des dettes du secteur de l'Habitat en donnant la priorité au versement des créances auprès de Sonelgaz et le restant des partenaires, tout en rassurant les promoteurs que des affectations budgétaires seront versées à partir de la semaine prochaine. 

par El-Houari Dilmi

Tiaret: La troupe «Dhia El Khachaba» primée au Maroc

Bonne nouvelle pour les amoureux de l'art des planches dans la capitale du Sersou, après le sacre d'une troupe théâtrale au Maroc. 

En effet, la troupe « Dhia El Khachaba » et ses talentueux comédiens ont décroché le grand prix du festival international du théâtre pour enfants, tenu dernièrement à Oujda, au Maroc. 

La pièce diffusée à l'occasion de la Journée mondiale de l'enfance, a permis à ses comédiens d'être décorés par le wali de Tiaret, lors d'une soirée à la maison de jeunes « Teffah ». 

Fierté de toute une ville, la troupe théâtrale a décroché le trophée lors d'une manifestation internationale à laquelle ont pris part des troupes venues d'Allemagne, Belgique, France, Tunisie, Égypte, outre le pays hôte, le Maroc. La genèse de la pièce s'articule autour d'une histoire dont les événements se déroulent sur une île, où les trois comédiens en herbe campent le rôle d'hommes courageux face aux dangers qui les guettent, faisant preuve d'union et de solidarité pour aller délivrer des griffes des pirates la petite Sally. 

Interprétée magistralement par Zahira, Wahiba, Ahmed, Mohamed, Nabil, Ayoub, Tarek et Benchohra, la pièce s'est adjugé les chaudes félicitations de la direction de la Culture, du wali et d'hommes de culture, qui ont salué comme il se doit la belle prestation des comédiens. Promesse a été faite d'accompagner ces jeunes comédiens pour d'autres succès à l'avenir. 

par El-Houari Dilmi

TIARET : Vers le forage d’un puits de pétrole à Rahouia

 la découverte d’un autre grand réservoir de pétrole dans une région relevant de la commune de Rahouia à quelques 35 km à l’ouest du chef-lieu de wilaya de Tiaret. Ces travaux de prospection qui s’envisagent dans le cadre du bloc Boughezzoul touchent les wilayas suivantes : Tiaret, Tissemsilt, Djelfa et Médéa et lesquels travaux sont menés à l’aide de camions vibreurs et autres équipements sophistiqués qui permettent de dresser une cartographie très avancée du sous-sol.

 A noter que ces travaux ont été confiés à une société polonaise qui est à pied d’œuvre et a pu découvrir le premier puits de pétrole dans la région de Serguine limitrophe avec la wilaya de Djelfa. Toujours dans le cadre de prospection, le réservoir de pétrole se trouve à 3000 mètres de profondeur dont les travaux de forage ont déjà débuté et les résultats seront prochainement connus, apprend-on toujours auprès de Mr Boudjella Miloud, directeur de l’énergie, qui ajoute que les travaux de forage sont menés par le groupement Sonatrach-Repsol et Shell et en première phase, il s’agit d’inventorier le sous-sol et qu’une enveloppe de 20 millions de dollars a été débloquée pour couvrir les frais de forage et que dans les deux mois à venir, indique notre interlocuteur, des travaux de forage similaires seront procédés dans la région de Rahouia eu égard aux révélations des travaux de prospection qui signalent un grand réservoir de pétrole ailleurs, une grande opération de transfert de lignes de hautes tensions qui traversent le cœur de la ville de Tiaret et qui sont porteurs de hauts risques, vient d’être menée par la direction de l’énergie qui a débloqué 100 milliards de cts pour l’installation de grands câbles souterrains qui s’étalent sur 4 km où les travaux seront achevés en août prochain et lesquels travaux ont été confiés à la société "Kahrakib" sous la direction de Sonelgaz GRTE-ORAN. Comme il est utile de signaler que le grand poste de 220 kv est interconnecté avec Saida et Oued-Sly (Relizane) et à tout cela, ce transfert de hautes tensions a permis la récupération d’un foncier très important estimé à 14 hectares qui permet d’accueillir des équipements publics de valeur. Pour rappel, près de 700 familles à Takhemaret sont exposés aux risques et menaces dus au passage d’un gazoduc de 28 pouces et qui greffe une superficie de 26 hectares et ce gazoduc est une véritable menace pour la population qui ignore la valeur des zones de servitude. Il y a lieu de rappeler que plusieurs correspondances ont été adressées à qui de droit, cependant sans écho et la responsabilité incombe aux services de l’APC de Takhemaret qui ont toléré les constructions illicites sur les zones de servitude. 

6/18/2017

LOGEMENTS RURAUX A TIARET : Le ministre satisfait de la cadence et de la qualité des travaux


En marge de sa visite à Tiaret, Mr Youcef Chorfa, ministre de l’habitat et de l’urbanisme a déclaré que 75. 000 logements ruraux seront prochainement réalisés à travers tout le territoire national et ce, pour permettre une fixation de la population rurale avec bien sûr la disponibilité des commodités nécessaires et ce grand revirement vers le logement rural a été dicté par les mutations économiques que traverse le pays, et plus particulièrement pour un développement agricole rural et durable qui s’inscrit dans l’ère de l’après-pétrole.



Rassurant les partenaires économiques, le ministre a mis l’accent sur les paiements de toutes les dettes plus particulièrement les entreprises auxquelles ont été confiés les projets de réalisation de toutes les catégories de logements. A cela, il a ajouté une déclaration courageuse, celle de dresser les listes de bénéficiaires de logements lorsque le taux de réalisation atteigne 65%. 

Durant toutes ses escales à Tiaret, le ministre a émis des signaux de satisfaction à l’adresse de la cadence des travaux ainsi que de la qualité des réalisations en mettant l’accent sur la nécessité de l’implantation d’équipements publics au sein des nouvelles cités, à l’exemple de la cité des 1900 logements sociaux située à Zmala, un prolongement périphérique de la ville de Tiaret où il a instruit la réalisation d’un lycée, de deux CEM, et en posant la pierre angulaire pour la réalisation d’un regroupement scolaire et de suite, il a rendu visite aux blocs des 1500 logements AADL en cours d’achèvement à Zmala. Non loin et juste tout près de la route menant à Sougueur, le ministre a visité les blocs des 2000 logements sociaux ainsi que les 218 logements formule LPP et une autre escale à la cité de Zaaroura a permis au ministre de voir de très près la réalisation de 1000 logements sociaux dont le taux de réalisation est très satisfaisant et à destination vers la commune de Mellakou, le ministre a assisté à la remise des clés de 1050 logements sociaux distribués à travers les communes du territoire de la wilaya. 

Enfin, la dernière escale du ministre a été la commune de Tousnina où il a mis l’accent sur la cadence des travaux de réalisation du lycée en remettant les clés aux 140 bénéficiaires de logements sociaux et le plus remarquable, c’est que le ministre est à jour avec une bonne maîtrise des chiffres ainsi que des taux de réalisation, un mobile qui a permis de révéler les grands efforts fournis par les responsables de Tiaret et plus particulièrement ceux du logement et à leur tête le leitmotiv de la communication, en l’occurrence Mr Bentouati, wali de Tiaret qui a été fidèle à ses promesses et a rendu le sourire à près de 2000 familles à Tiaret et espérons qu’ il fera de même pour les familles de Frenda, Sougueur et Takhemaret dans ces jours de l’Aid.

Abdelkader Benrebiha

Tiaret: La ville en «mode veille»

Cette année, si les jeûneurs se réjouissent de la disponibilité des fruits et légumes à des prix abordables pour les bourses moyennes, l'ambiance des nuits ramadhanesques est des plus insipide. 

En effet, à Tiaret, les ramadhan se suivent et se ressemblent au point où le mois de tous les soucis sombre dans une affligeante monotonie. Avec des températures élevées, jusqu'à 40 degrés Celsius ces derniers jours, et des journées très longues, la ville paraît comme abandonnée par ses habitants. 

Ce n'est que vers dix-sept heures que les premières silhouettes avachies font leur apparition dans la ville, pour vaquer aux besoins de la meïda du f'tour. 

Dans les différents quartiers et principales artères de la ville, les éléments de la sûreté nationale, certains en tenue civile, veillent au grain. «Cette année, l'on se sent en totale sécurité ; même les agressions et autres vols à la tire ont nettement diminué», se réjouit un quinquagénaire, faisant le shopping le long de la rue Emir Aek. 

«Plus rien n'est comme avant ; même les senteurs suaves et la ferveur si caractéristiques du mois de piété ne sont plus ce qu'elles étaient, il fut un temps, aujourd'hui comme à jamais révolu », commente, avec une dose de nostalgie dans la voix, Khaled qui tempête de voir du poisson vendu sous 40° à l'ombre, au marché couvert de la ville. 

En effet, à part «l'actualité» quotidienne faite de longues journées en « mode veille » et de ripailles le soir venu, rien ne distingue ce mois du reste du calendrier annuel. 
Victime du changement de l'ordre des priorités et reléguée au rang de cinquième roue du carrosse, la chose culturelle n'a plus droit au chapitre. 
La sécheresse culturelle sévit dans la capitale des Hauts-Plateaux de l'Ouest, se contentant d'activités occasionnelles, voire du simple «décor folklorique» pour tremper l'ennui. 
Cette année, les veillées sont vides et insipides au point où des processions de personnes, dès la rupture du jeûne, traînent leur ennui de rue en rue, de place en place à la recherche d'un brin de fraîcheur par des nuits trop chaudes. A part les cafés peu fréquentés en ce mois de ramadhan, contrairement aux années précédentes, et les places publiques bondées de monde après les prières des Tarawih, rien à signaler du côté des activités culturelles ou artistiques depuis longtemps comme «interdites de cité» à l'antique Tihert. 

Alors, pour meubler le vide et tromper la sinistrose ambiante, tout le monde se débrouille comme il peut, traînant son ennui le long des rues jusqu'à des heures tardives de la nuit. 

Des bouteilles d'eau à la main, un groupe de jeunes jouent aux cartes sous la lumière blafarde d'un lampadaire qui «fonctionne une nuit sur deux», commente, amusé, un jeune, suscitant un rire sous cape de ses camardes de jeu. Même les longues soirées ramadhan-esques, autour d'une table de belote, de rami ou de dominos, semblent comme passées de mode. 

Faisant contre mauvaise fortune bon et gros cœur, les gens se terrent chez eux dès 22 heures pour se «shooter» à volonté d'images venues d'ailleurs et rebelote le lendemain dans un mois où «les gens s'empiffrent de tout sauf de la nourriture de l'esprit qui ne semble plus intéresser personne». 

A Tiaret, il ne fait plus bon vivre le neuvième mois du calendrier hégirien. En attendant le ramadhan prochain !