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10/30/2019

Tayeb Bougasmi, précurseur des noyaux des cellules combattantes de l’ALN à Médéa


Le premier noyau des cellules combattantes, qui formeront, juste après le déclenchement de la glorieuse Révolution de novembre 54, l’ossature de l’Armée de Libration nationale (ALN) au niveau de la région de Médéa, fut mis sur pied par le chahid Tayeb Bougasmi, connu sous le nom de Tayeb Djoughlali, tombé au champ d’honneur à "Dar-Chyoukh" (Djelfa), en 1959.
Formées essentiellement de quelques éléments, affiliés au Parti du Peuple algérien (PPA), et d’autres au sein de l’Organisation secrète (OS), ces cellules combattantes menaient des opérations militaires sporadiques, à partir des maquis où ils s’étaient refugiés, pour échapper aux représailles de l’armée coloniale, note Mourad Hamzaoui, directeur du musée régional d’histoire de la wilaya de Médéa, dans un opuscule édité à l’occasion du 65è anniversaire du déclenchement de la révolution.
Désigné par le chahid, Boudjemaa Souidani, alors chef de la wilaya IV historique, dont faisait partie Médéa et ses alentours (Zone II), Tayeb Djoughlali s’employa, avec l’aide de Benyoucef Kritli et de Rachid Ben Sid-Oumou, a structurer et organiser ces cellules de façon à les préparer à des missions plus complexes.
Des abris et refuges furent aménagés dans les maquis de la région, des armes sont collectées, et une opération de recrutement fut entamée auprès de gens de confiance. Cette délicate mission de recrutement est confiée, selon l’auteur de cet opuscule, au chahid Rabah Saoudi, dit "Eldjebass", qui réussira à recruter plusieurs personnes, parmi lesquelles Adda Bensouna, Ahmed El-ouadjouadj, Benissa Bendamerdji et Mahmoud Bachène.
Ce noyau va grossir, au fil des jours, avec l’arrivée de plus en plus de recrues, et va se traduire par une meilleure organisation de l’insurrection armée, à travers la mise en place de trois structures, une chargée de l’enrôlement et l’organisation des unités combattantes, l’autre avait pour mission la collecte d’armes et de munitions, alors qu’une troisième structure s’occupait des finances, souligne le même auteur.
Des groupes de recrues étaient envoyées, à partir de février 1956, dans les camps d’entrainement installés dans les maquis de "Zbarbar" (Bouira), et, une fois, leur stage terminé, ces derniers furent dispatchés au sein des unités opérationnelles au niveau de "Djebel Zeccar", "Mouzaia", "Ouarsenis" et à travers les différentes zones de combats de Médéa et ses environs, a-t-il rapporté.
D’autres noyaux font, en même temps, leurs apparition à Tablat, sous la conduite du chahid Rabah Mokrani, puis à Berrouaghia, dirigé par Ibrahim El-Aid, et Ain-Boucif, au sud de la wilaya, dont la direction était assurée par Mohamed El-Kerarchi.
Malgré la supériorité militaire de l’ennemi, ces cellules combattantes ont réussi à mener, avec succès, des dizaines d’opérations militaires, entre juin 1955 et la fin 1956, précise l’auteur qui évoque un nombre de 17 attaques ou accrochages, pendant cette période, 61 actes menés par des "fidaies", 71 opérations de sabotage et 19 embuscades.
Edité à l’occasion du 65è anniversaire de révolution, l’ouvrage est "une contribution à l’écriture de l’histoire des valeureux combattants de la liberté, notamment le rôle joué par une poignée d’hommes pour la réussite de l’insurrection armée de novembre 54", a expliqué l’auteur de l’ouvrage, Mourad Hamzaoui.
Se basant essentiellement sur des témoignes écrits et sonores recueillis auprès d’acteurs directes de cette période, ainsi que des documents réalisés par l’organisation nationale des moudjahidine et de la fondation de la wilaya IV, l’opuscule "tente de lever le voile sur des aspects méconnus des débuts de la révolution dans la zone II de la wilaya IV historique, qui englobait Médéa et les communes alentours", a-t-il noté en substance.

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