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11/30/2015

Tiaret : Vers la réhabilitation de l’Appat ?

Jouissant autrefois d'une réputation avérée du fait du rôle de plaidoyer qu'elle assumait, l'Association de wilaya pour la protection du patrimoine archéologique (Appat) a fait l'objet d'une sentence qualifiée d'injuste aux yeux de certains acteurs de la vie associative locale. 
La genèse remonte à près de deux ans, lorsque ladite association qui s'apprêtait à organiser une rencontre à caractère scientifique à l'occasion du mois du Patrimoine au niveau de l'auditorium de l'université Ibn-Khaldoun de Tiaret , s'est vu notifier un niet catégorique à l'annulation pure et simple de l’événement. 
Ce jour là, la conférence «empêchée» devait être animée par l’éminent historien archéologue, J. Laporte, auteur de plusieurs contributions scientifiques de qualité et non moins ancien assistant de feu Dr Kadra, une valeur patrimoniale territoriale dont l’ouvrage sur les «Djeddars» demeure une référence bibliographique de haute facture pour les chercheurs du monde entier.
Et pourtant, toutes les démarches administratives étaient réunies au préalable (la wilaya informée, les invitations lancées, ...). Une décision qui aurait jeté de la consternation parmi les membres de l'association de l’époque d'autant plus qu'aucune explication ne leur a été fournie.
Depuis ce malencontreux incident, le président, en la personne de M. Daoud, était harcelé de toute part. Nul ne réfute le fait que cette association a toujours été sollicitée pour organiser des circuits et visites guidées au profit de délégations hôtes de la wilaya, comme ce fut le cas de l'ambassadeur de Grande-Bretagne, les représentants du Scac (service de la coopération et de l'action culturelle), de l’ambassade de France et de nombreux touristes.
L'Appat peut se targuer, nous dit-on, d'avoir réalisé d’innombrables sorties de familiarisation et de sensibilisation à la donne patrimoniale en faveur des enfants scolarisés durant toutes les éditions antérieures du mois du Patrimoine. Mieux encore, ladite association compte à son actif une série de formations de guides de sites, universitaires bénévoles en majorité avec, en prime, des apports méthodologiques de qualité sur la problématique aiguë de la sauvegarde.
Par ailleurs, il importe de relever que l’Appat animait un réseau régional d’associations patrimoniales à Chlef, Laghouat, Tissemsilt, El Bayadh, Djelfa, Adrar et Oran, réseau comptabilisant plusieurs regroupements régionaux et voyages pédagogiques au piedmont de l’Atlas saharien et aux Oasis du Sud, encadrés par des professionnels et chercheurs reconnus. 
La capitalisation des savoir-faire a permis à l’Appat de décrocher avec brio deux projets cofinancés, l’un par la délégation de l’Union européenne à Alger à l’instar des 130 autres projets soutenus par ce bailleur en partenariat avec l’Agence de développement social ( ADS ), et l’autre par l’ambassade de France en Algérie dans le cadre des appels annuels à propositions régulièrement lancées en direction des associations. 
Ces financements, confirme l’association , s’inscrivent au titre des relations de coopération dûment établies tel que stipulé par la loi n° 06 du 12 janvier 2012 régissant les associations. Ceci sans compter les subventions qui ont été accordées par le biais du fonds de wilaya et le ministère de la Culture, soutien apporté à la lumière des réalisations tangibles de cette même association qui inscrit son action avant tout dans le développement local et l’exploration continue des opportunités visant l’attractivité territoriale. 
Pour preuve, les multiples randonnées à travers les sites archéologiques — la wilaya de Tiaret en recèle 462 répertoriés —conduites par les guides de l’Appat, au profit des cadres de la société étrangère de réalisation d’ouvrages ferroviaires et des responsables financiers de banque de notoriété venus apprécier ou plutôt tester le cadre de vie dans la wilaya.
Partie prenante de tous les rendez-vous régionaux (assises du développement local, assises sur les politiques publiques de jeunesse, voire internationaux comme le symposium international de la société civile tenu au Caire en 2010…, les observateurs regrettent que l’Appat soit «gommée» de l’environnement associatif local pour des raisons inconnues puisque jusque-là non notifiées à l’organisation. Cela dit, à Tiaret, nombreux sont ceux qui placent un grand espoir en la personne du nouveau wali de la wilaya à l’effet d’un discernement accru ou tout simplement pour rétablir l’ordre des choses…
Mourad Benameur

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