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7/08/2014

Typologie des systèmes d'irrigation en Algérie

Annexe tirée à part du rapport "EVALUATION DE LA DEMANDE EN EAU AGRICOLE ET DE SES BESOINS ESTIMATIFS"

par  Christian Potin Consultant, 103 pages + 56 pages d'annexes, dans le cadre du groupement d'étude SOFRECO-OIEau-Carl Bro/Ministère des Ressources en Eau

Critères techniques de classification
Pour classer tous les systèmes d’irrigation il est important de sélectionner des critères techniques de classification adaptés en vue de faciliter et de simplifier leur intégration dans le système d’information, mais également de les caractériser en terme d’efficience relative, avec comme objectif d’étudier les pistes d’amélioration de cette efficience. Il s’agit aussi de caractériser chaque système d’irrigation afin de mieux comprendre son intégration et son adaptation à son environnement général: régions agricoles, structures sociales, structures administratives, agro-économie, etc.
Sans être exclusif, les critères techniques principaux de classification peuvent être :
1. L’origine de l’eau ou la nature de la ressource utilisée
En Algérie, les ressources en eau sont essentiellement des trois types principaux :
  • Les ressources en eau superficielles qui concernent essentiellement l’exploitation de l’eau dans les oueds,  pérennes ou non.
  • Les ressources souterraines, pour lesquelles on peut distinguer les nappes superficielles dont la ressource est renouvelée par infiltration des eaux superficielles, et les nappes profondes qui sont souvent fossiles et dont la ressource ne se renouvelle pas ou très peu.
  • Les ressources en eau non conventionnelles, qui restent pour l’instant confidentielles, parmi lesquelles le dessalement ou la désalinisation (à priori plus destiné à l’AEP), les rejets des stations d’épuration d’eau urbaine et les rejets des stations de lagunage.
2. Le mode de prélèvement
Il existe plusieurs modes de prélèvement en fonction du type de ressources :
  • Pour les ressources souterraines, il existe les forages plus ou moins profonds, les puits, les captages de source, les systèmes traditionnels comme les  foggaras,
  • Pour les ressources superficielles, on peut distinguer les prises d’eau gravitaires aménagée ou non et les pompages plus ou moins aménagés, collectifs ou à caractère individuel.
3. L’existante ou non d’un stockage temporaire de l’eau
L’existence ou non d’un stockage est également un élément important, ayant un impact à la fois sur la régulation de la ressource par rapport à la demande et sur le mode d’utilisation de l’eau (collectif ou individuel). Les modes de stockage sont variables :
  • Les grands barrages ont une fonction de régulation saisonnière, voir interannuelle. Ils sont plus réservés aux grands périmètres (GPI), mais dans certains cas ils peuvent alimenter des périmètres de PMH de façon plus ou moins licite
  • Les petits barrages et les lacs collinaires sont destinés à l’alimentation des aménagements de PMH afin de régulariser au niveau saisonnier la ressource en eau de surface,
  • Les bassins se sont développés ces dernières années avec les programmes subventionnés. Ces bassins, par leur petite taille ont un caractère de régulation journalière pour adapter le débit de la ressource avec le débit de distribution. Ils peuvent être soit rectangulaires en béton, soit en terre revêtu par un géotextile.
4. Le mode de transport de l’eau entre la source et le lieu de consommation
Le mode de transport et la distance de transport de l’eau entre la source et le lieu de consommation, sont importants dans la mesure où ils peuvent induire des problèmes de gestion hydraulique, de pertes d’eau ou des détournements d’eau par des utilisateurs non autorisés. Ce transport peut se faire par lâchés d’eau dans les oueds à partir d’un barrage, ou dans un canal tête morte spécifique, ou par conduite.
5. Le mode de mise en pression ou non en vue de la distribution
Sur les périmètres de PMH, la mise en pression, lorsqu’elle existe se caractérise la plupart du temps par des pompages individuels pour relever l’eau où alimenter des systèmes d’aspersion ou d’irrigation localisée :
  • Dans les forages ou les puits
  • Dans les lac collinaires, les oueds, ou à partir de bassin
Les pompages collectifs sont plus l’apanage des grands périmètres d’irrigation. Le type de pompage se caractérise aussi par l’énergie utilisée : pompes thermiques ou pompe électrique. Le pompage traditionnel des oasis par traction animale a complètement disparu au profit des motopompes.
6. Le type de réseau de distribution interne aux aires d’irrigation
Il existe plusieurs modes de distribution de l’eau intérieure aux aires d’irrigation. On peut distinguer le degré d’équipement qui est souvent étroitement lié au système de distribution individuel ou collectif. Les aires d’irrigation totalement équipées correspondent le plus souvent à une utilisation collective de la ressource.
En parallèle, on peut distinguer le mode de transport et de distribution de l’eau à l’intérieur de l’aire d’irrigation : canaux en terre, revêtus ou autoportés, canalisation haute ou basse pression. A chaque type de réseau ou de système de distribution correspond en général un type de gestion hydraulique.
On constate également, notamment dans les régions agricoles du nord, que pour diverses raisons (type de cultures pratiquées, ressource en eau limitée, etc.) seule une fraction de l’aire d’irrigation est effectivement irriguée. Dans ce cas, il y a généralement rotation des cultures et des parcelles irriguées d’une année sur l’autre. Ce sera par exemple des parcelles de maraîchage ou de pommes de terre, irriguées par aspersion ou goutte à goutte tournant au milieu de zones majoritairement céréalières non (ou peu) irriguées.
7. Le mode d’irrigation à la parcelle
Le mode d’irrigation à la parcelle est très diversifié. On peut distinguer quatre grands types :
  • L’irrigation gravitaire par bassin, planche, billon
  • L’irrigation par aspersion par sprinklers à couverture fixe ou mobile, enrouleurs avec canon (assez rare en Algérie), pivots et rampes frontales
  • L’irrigation localisée avec goutte à goutte ou micro asperseurs (plus rare).
  • L’épandage de crue
8. Le type de culture
Au-delà des aspects purement agronomiques, le type de culture pratiquée peut avoir un impact sur l’efficience d’utilisation de l’eau à la parcelle. En particulier et à titre d’exemple, l’évapotranspiration, et donc la consommation en eau, ne sera pas la même sur des cultures de plein champ et sur des cultures sous serres.
La hiérarchisation typologique des systèmes d’irrigation est résumée globalement dans le schéma ci-après (figure 1).
Pour l’Algérie du Nord les principaux systèmes d’irrigation suivant avaient été identifiés dans le cadre de la première phase de l’Etude d’Inventaire et de Développement de la PMH :
  • SC1 – Système collectif des périmètres traditionnels de montagne ou de vallée sans pompages individuels complémentaires.
  • SC2 – Système collectif d’épandage de crues traditionnel sans pompages individuels complémentaires.
  • SC3 – Système collectif de périmètre moderne gravitaire d’eau de surface de plaine ou de vallée sans pompages individuels complémentaires.
  • SM4 – Système mixte de périmètre traditionnel de montagne ou de vallée avec pompages individuels complémentaires
  • SM5 – Système mixte d’épandage de crues traditionnel avec pompages individuels complémentaires dans nappe
  • SM6 – Système mixte de périmètre moderne gravitaire d’eau de surface de plaine ou de vallée avec pompages individuels complémentaires.
  • SC7 – Système collectif de périmètre GCA d’eaux de surface ou souterraines.
  • SC8 – Autre système collectif moderne à partir d’eaux souterraines avec pompage et adduction sous pression.
  • SI9 - Système individuel gravitaire à partir d’eaux de surface ou souterraines avec mobilisation et réseau individuels et irrigation gravitaire à la parcelle
  • SI10 - Système individuel avec pompage individuel à partir d’eaux de surface ou souterraine et modes d’irrigation variables à la parcelle.
  • SI11 - Système individuel avec pompage individuel à partir d’eaux de surface ou souterraines avec serres.
  • SI12 – Système individuel avec citernage structurel combinés avec SI9 ou SI10
Figure1. Typologie des systèmes d’irrigation
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Hiérarchisation typologique sytèmes d'irrigation_CPC20061026

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